L'Algérie avait son marathon du désert. Qui l'a arrêté en 2003 ?

Lila Boudjemaa — Alger, Algérie — 11 septembre 2026

Note de méthode. Chaque chiffre de ce dossier porte sa source et son année. Nous avons travaillé sur les règlements officiels des épreuves, les dépêches de la fédération internationale d'athlétisme, les fiches de l'UNESCO, les conseils aux voyageurs des chancelleries étrangères, le Journal officiel algérien et les études scientifiques à comité de lecture. Nous avons aussi dû nous corriger nous-mêmes sur un point — nous l'indiquons à sa place, sans le cacher.

🏃 L'idée est bonne. Mais trois faits changent tout.

Vous avez posé la bonne question : le Maroc a son Rallye des Gazelles, pourquoi l'Algérie n'aurait-elle pas sa grande épreuve de désert ?

La réponse est : elle l'a déjà eue. Et c'est ce qui rend ce dossier plus intéressant — et plus gênant — qu'on ne le croyait.

Trois faits, vérifiés, avant d'aller plus loin.

Premier fait : le nom « Sahara Marathon » est pris — et il est pris sur le sol algérien. L'épreuve existe depuis 2001, dans les camps de réfugiés sahraouis près de Tindouf, et elle est organisée par le secrétariat d'État au Sport du gouvernement sahraoui. Elle a réuni 200 coureurs venus de 16 pays en 2026. Le site de l'organisation écrit lui-même que les camps de réfugiés sont « administrés par le Front Polisario ». Nous ne prendrons donc pas ce nom : ce serait une confusion absurde, sur notre propre territoire, et nos adversaires s'en serviraient.

Deuxième fait : l'Algérie a déjà des épreuves de désert, et pas seulement une.

Le Sahara Algeria Treg, à Djanet, sur 222 kilomètres, est référencé au circuit international de trail. Il a enregistré 26 arrivants en 2024. Il est organisé par une société française.

Et il y a une épreuve dont personne ne parle, alors qu'elle est de janvier 2026 : « La Grande Aventure Sportive dans le Sud », quatrième édition, organisée par la Fédération algérienne du sport et du travail avec les directions de la jeunesse et des sports des wilayas. Deux courses : 20 kilomètres à Aïn Salah et 15 kilomètres à Tamanrasset, environ 120 participants.

Cette petite épreuve est plus importante qu'elle n'en a l'air, et nous y revenons plus bas : c'est elle qui nous donne la clé administrative du dossier.

Troisième fait, et c'est le plus important : l'Algérie a déjà eu un vrai marathon international dans le désert, et il a disparu. Le Marathon international de Djanet a connu sa troisième édition en 2003, avec 336 engagés, soutenu par la Fédération internationale d'athlétisme, par Sonatrach et par Khalifa Airways. Tout cela est documenté par une dépêche officielle de la fédération internationale. Puis l'épreuve s'est arrêtée. Sans explication publique.

Voilà donc la vraie question, et elle n'est pas celle que nous croyions poser. Il ne s'agit pas de savoir comment créer un marathon dans le désert algérien : il s'agit de savoir pourquoi celui qui existait a été abandonné. Tant que personne ne répondra à cette question, lancer une nouvelle épreuve reviendrait à construire sur une dalle dont on ignore pourquoi le bâtiment précédent s'est effondré.

📊 L'objection « il n'y a pas de culture de la course en Algérie » est fausse

C'est l'argument qu'on nous oppose toujours, et il ne tient pas une minute devant les chiffres.

ÉpreuveParticipantsOùAnnée
Algiers Urban Trail10 000 — inscriptions closes en 24 heuresAlger2026
La même, première édition1 000Alger—
La même, deuxième édition3 000Alger—
Trail Azro N'Thor850, dont 94 étrangers de 14 paysDjurdjura, départ à 1 880 m2026

Regardez la progression : 1 000, puis 3 000, puis 10 000 participants en trois éditions, avec les inscriptions fermées en une journée. Et l'épreuve a mobilisé 80 médecins et 300 secouristes. Pour une organisation bénévole, ce sont des chiffres d'épreuve internationale.

La demande existe donc, et elle est massive. Ce qui manque n'est pas le public : c'est l'épreuve. Un pays où dix mille personnes s'inscrivent en vingt-quatre heures pour courir n'a pas un problème de culture sportive. Il a un problème de calendrier.

⛰️ Ce que seule l'Algérie peut offrir — et personne ne l'a pris

Nous avons cherché le créneau libre. Il est étroit, mais il existe, et il est spectaculaire.

Le nom « désert d'altitude » n'est plus libre. L'Atacama Crossing, au Chili, se court intégralement au-dessus de 2 300 mètres. Et le record du marathon le plus haut du monde a été établi à 6 893 mètres, dans le désert d'Atacama, le 11 février 2026. Aux États-Unis, l'UTAH 115 se présente comme « le désert d'altitude américain ». Ce terrain-là est occupé.

Mais voici ce qui est libre, et c'est considérable : aucune épreuve de désert d'altitude n'existe sur le continent africain.

Et l'Algérie possède exactement ce qui manque au monde : le Hoggar, et son plateau de l'Atakor — un désert volcanique, avec environ 450 centres volcaniques et le Tahat qui culmine à 2 918 mètres.

Le positionnement s'écrit donc tout seul, et il n'appartient qu'à nous :

Le seul désert d'altitude volcanique d'Afrique. Et le premier au monde à y courir.

Ce n'est pas un slogan : c'est une case vide sur la carte mondiale du trail, et nous sommes le seul pays qui puisse la remplir. Ajoutez le Tassili n'Ajjer, classé au patrimoine mondial, et vous avez un parcours dont aucun pays au monde ne peut proposer l'équivalent — courir dans un musée à ciel ouvert de plusieurs milliers d'années.

⚠️ L'avertissement que nous devons : la sécurité, et un trou dans la loi

Nous ne serions pas honnêtes si nous écrivions un dossier enthousiaste sans dire ceci. C'est la partie la plus sérieuse de l'article, et c'est celle qu'il faut lire deux fois.

Les chancelleries étrangères ne disent pas la même chose, et l'écart est énorme :

PaysPosition officielle sur Tamanrasset et le grand Sud
France (juillet 2026)zone jaune — « les randonnées dans le désert saharien sont possibles […] avec l'accompagnement d'une escorte »
États-Unis« Do Not Travel » — « ne pas se rendre »
Belgiquele grand Sud est « actuellement dangereux », et il est nommément interdit de faire « toute traversée […] dans le cadre d'un rallye »
Suissedéconseille cinq wilayas

Ce que cela signifie pour un organisateur : la France autorise de fait ce que la Belgique interdit explicitement et que les États-Unis déconseillent totalement. Un coureur belge qui s'alignerait sur une épreuve algérienne contreviendrait au conseil officiel de son propre pays. Aucune assurance ne le couvrirait. C'est un obstacle commercial majeur — et il ne se règle pas par la communication, mais par la démonstration que le dispositif de sécurité est réel.

Et il y a un problème plus grave, que nous avions d'abord cru insoluble — avant de trouver la réponse.

La loi algérienne sur le sport — loi n° 13-05 du 23 juillet 2013 — et son décret d'application — décret n° 19-253 du 16 septembre 2019 — ne régissent explicitement que les manifestations organisées « dans les infrastructures sportives ». Aucun de ces deux textes ne dit qui autorise une course à pied dans le désert.

Mais la réponse existe, et c'est la « Grande Aventure Sportive dans le Sud » qui la donne. Une course à pied s'est bien tenue à Aïn Salah et à Tamanrasset en janvier 2026. Elle a été organisée par une fédération sportive — la Fédération algérienne du sport et du travail — avec les directions de la jeunesse et des sports des wilayas concernées. Voilà la voie administrative réelle : la fédération, plus la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya. Elle ne figure dans aucun décret, mais elle fonctionne. C'est déjà beaucoup — et cela veut dire qu'un dossier peut être monté dès aujourd'hui, sans attendre de texte nouveau.

Il reste une autorité que personne n'attend, et son veto a déjà été utilisé. En 2005, la ministre de la Culture de l'époque a bloqué le Rallye du Hoggar, qui devait traverser le Parc de l'Ahaggar. Sa formulation est sans ambiguïté : « toute action, de quelque nature que ce soit […] est soumise à son autorisation expresse » — au titre de la loi sur le patrimoine culturel et du statut de réserve de biosphère. Les motifs invoqués étaient le « patrimoine archéologique » et une « fragile réserve animale et végétale ». La solution trouvée à l'époque : contourner le parc.

Retenez donc ceci, c'est la première question à poser avant de dessiner un tracé : le parcours traverse-t-il un parc culturel ? Si oui, il faut quatre autorisations, pas une : la fédération, la wilaya, la gendarmerie pour la sécurité, et le ministère de la Culture. Si non, le chemin est beaucoup plus court.

Et une bonne nouvelle, qui prouve que c'est faisable. Le Hoggar Bike — un raid de 250 kilomètres dans l'Atakor — existe, avec les visas pris en charge par l'organisateur, pour environ 1 250 euros par participant. Un projet sportif étranger de grande ampleur est donc réalisable dans le Hoggar, et il l'est déjà. C'est la démonstration que le territoire n'est pas fermé : il est seulement mal expliqué.

Nous avons également cherché le régime applicable aux drones, aux GPS, aux jumelles et aux stations radioélectriques : tous exigent une autorisation préalable. Mais le statut des balises de détresse et des téléphones satellites reste introuvable — alors que ce sont précisément les équipements dont dépend la survie d'un coureur blessé à 200 kilomètres de tout.

Nous le disons sans détour : tant que ces deux questions ne sont pas tranchées par un texte clair, aucune grande épreuve internationale ne s'installera en Algérie. Les organisateurs étrangers ne prennent pas ce risque, et ils ont raison.

Et une dernière chose, qu'il faut écrire. Un décès, un enlèvement, et le projet est mort pour dix ans — avec une image dévastatrice en prime. Le Marathon des Sables fonctionne au Maroc dans une zone bouclée, avec des moyens considérables et quarante ans d'expérience. Nous n'avons pas ce savoir-faire. Il faut donc commencer petit, et réussir petit, avant de promettre grand. C'est moins glorieux, c'est la seule façon de durer.

🛏️ La vraie contrainte n'est ni l'argent ni la sécurité : ce sont les lits

Voici le chiffre qui arrête net tous les beaux discours.

Djanet dispose de 513 lits, répartis dans 5 hôtels. Et elle a accueilli 24 183 touristes en 2025.

Faites le calcul vous-même : vous ne pouvez pas faire venir mille coureurs — plus leurs accompagnants, la presse, l'organisation, les secours — dans une ville qui compte 513 lits. Ce n'est pas une question de budget ni de volonté : c'est de l'arithmétique.

Et il y a un écart que nous devons signaler, parce qu'il est révélateur. Les communications officielles annoncent « 47 000 à 65 000 touristes étrangers dans le Sud » pour une saison. Or le chiffre le plus fiable que nous ayons trouvé — le nombre de visas délivrés à l'arrivée — donne environ 39 000 visas en trois ans.

Et Tamanrasset, la wilaya la plus citée comme pôle saharien, ne publie aucune donnée de fréquentation récente : la dernière remonte à 2023, et elle porte sur 639 touristes. Un pôle qui n'a pas publié un chiffre de fréquentation depuis trois ans ne peut pas servir de base à un projet d'accueil international.

Un chiffre annoncé pour une saison contre un chiffre constaté sur trois ans : l'écart ne s'explique pas. Nous publions les deux, avec leurs sources, et nous laissons le lecteur juger. Mais retenez ceci : on ne construit pas une épreuve internationale sur des chiffres d'ambiance. On la construit sur des lits, de l'eau et des hélicoptères.

🏅 Notre patrimoine athlétique — et une correction que nous nous devons

L'Algérie est une nation de coureurs. Ce n'est pas un compliment de circonstance, c'est un fait établi — mais il faut le dire avec précision, parce que l'approximation sur ce sujet est constante.

Ce qui est exact :

  • Hassiba Boulmerka : championne du monde du 1 500 mètres en 1991, puis championne olympique en 1992 à Barcelone. La première Algérienne titrée aux Jeux.
  • Taoufik Makhloufi : médaille d'or olympique sur 1 500 mètres à Londres, en 2012.
  • Djamel Sedjati : médaille de bronze aux Jeux de Paris, en 2024, sur 800 mètres, en 1 minute 41 secondes et 50 centièmes — à deux centièmes de son propre record d'Algérie, établi à Monaco le 12 juillet 2024 en 1:41.46.
  • Noureddine Morceli : il a détenu le record du monde du 1 500 mètres. Il ne le détient plus depuis le 14 juillet 1998.

Et voici notre correction. Nous avions, dans une première version de ce dossier, présenté Noureddine Morceli comme « recordman du monde du 1 500 mètres ». C'est faux au présent, et nous le corrigeons. Le record appartient depuis 1998 à un autre athlète, en 3 minutes 26 secondes. Morceli reste l'un des plus grands coureurs de l'histoire — mais un journal qui laisse passer ce genre d'approximation perd le droit d'exiger la précision des autres.

Deux autres précisions, pour éviter des erreurs qui circulent :

  • Bouabdellah Tahri n'est pas algérien : il est français, né à Metz. Nous ne pouvons pas l'inscrire à notre palmarès.
  • Taoufik Makhloufi n'a pas été médaillé d'argent en 2012 : à Londres, il a été champion olympique du 1 500 mètres, et il a connu un épisode de disqualification sur le 800 mètres. Ses deux médailles d'argent datent de 2016.

Pourquoi cette rigueur compte pour notre sujet ? Parce qu'une épreuve algérienne qui porterait ces noms doit pouvoir les citer sans se tromper. Le patrimoine sportif algérien est assez riche pour n'avoir pas besoin d'être arrangé.

🎯 Ce que nous demandons

1. Que quelqu'un dise pourquoi le Marathon international de Djanet s'est arrêté. Une épreuve soutenue par la fédération internationale d'athlétisme, par Sonatrach et par une compagnie aérienne, avec 336 engagés en 2003 — et pas un communiqué pour expliquer sa disparition. Nous ne demandons pas un coupable : nous demandons une réponse. Sans elle, toute relance est un pari aveugle.

2. Que la procédure d'autorisation soit écrite noir sur blanc, une fois pour toutes. Nous savons maintenant qu'une course dans le Grand Sud est possible : elle a eu lieu en janvier 2026, par une fédération et les directions de la jeunesse et des sports des wilayas. Mais cette voie n'est écrite nulle part, et un organisateur étranger ne peut pas la deviner. Une circulaire interministérielle suffirait — et elle coûterait moins cher qu'une seule journée de retard sur un chantier.

3. Que le régime des balises de détresse et des téléphones satellites soit clarifié, noir sur blanc. C'est la condition de sécurité numéro un, et c'est aujourd'hui le point le plus flou du droit algérien applicable.

4. Qu'on construise les lits avant les coureurs. 513 lits à Djanet. Commencer par une épreuve de 300 coureurs, la réussir, puis grandir. La précipitation tue ce genre de projet plus sûrement que le manque d'argent.

5. Qu'on invente notre nom, et qu'on prenne la case libre. Pas « Sahara Marathon », qui désigne une autre épreuve sur notre propre sol. Le Hoggar, l'Atakor, le désert volcanique d'altitude — voilà ce que personne d'autre ne peut revendiquer sur le continent africain.

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Participants à la plus grande épreuve du pays | 10 000 | 1 500 | coureurs

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Un mot sur ce graphique, et il faut le lire attentivement. Il ne compare pas les mêmes choses : d'un côté un trail urbain algérien, de l'autre le Marathon des Sables marocain, qui est une épreuve de désert d'une tout autre nature. Ce qu'il mesure n'est donc pas la performance sportive : c'est l'appétit du public. Et sur ce terrain, dix mille inscriptions fermées en vingt-quatre heures à Alger disent une chose simple : quand une épreuve existe en Algérie, les Algériens répondent.

🏛️ Aux décideurs : les sept décisions que nos correspondants vous demandent de prendre

Ce dossier a commencé par une intuition, et il finit par une question à laquelle personne n'a répondu depuis vingt-trois ans : pourquoi le Marathon international de Djanet s'est-il arrêté après 2003 ?

Nous ne demandons pas qu'on nous écoute. Nous demandons qu'on décide. Cinq de ces sept décisions ne demandent pas un dinar : elles demandent une réponse, un texte, ou une publication.

Décision à prendreQui doit déciderCe que le terrain constate aujourd'hui
1. Répondre officiellement sur l'arrêt du Marathon international de Djanetministère de la Jeunesse et des Sports · Fédération algérienne d'athlétismeUne épreuve soutenue par la Fédération internationale d'athlétisme, Sonatrach et Khalifa Airways, 336 engagés en 2003, puis plus rien. Aucune explication publique en vingt-trois ans
2. Publier une circulaire interministérielle fixant la procédure d'autorisation d'une manifestation sportive hors stadeministère de la Jeunesse et des Sports · ministère de l'Intérieur · ministère de la CultureLa voie existe — une course s'est tenue à Aïn Salah et Tamanrasset en janvier 2026, par une fédération et les directions de la jeunesse et des sports des wilayas — mais elle n'est écrite nulle part
3. Écrire noir sur blanc le régime des balises de détresse et des téléphones satellitesAutorité de régulation de la poste et des communications électroniques · ministère de la Jeunesse et des SportsIntrouvable. Drones, GPS et stations radio exigent une autorisation, mais le statut des équipements dont dépend la survie d'un coureur isolé n'est pas publié
4. Fixer une procédure et des délais pour les autorisations liées aux parcs culturelsministère de la CultureEn 2005, le Rallye du Hoggar a été bloqué parce qu'il devait traverser le Parc de l'Ahaggar : « toute action, de quelque nature que ce soit, est soumise à son autorisation expresse ». La règle existe, le délai n'existe pas
5. Publier la capacité d'accueil touristique du grand Sud, wilaya par wilayaministère du Tourisme · Office national du tourismeLe chiffre le plus fiable trouvé : Djanet dispose de 513 lits dans 5 hôtels. Et Tamanrasset n'a publié aucune donnée de fréquentation depuis 2023
6. Adopter un plan d'hébergement avant tout appel à des coureurs étrangerswilayas de Djanet, Tamanrasset et In Salah · ministère du TourismeOn ne fait pas venir mille coureurs — plus les accompagnants, la presse, les secours — dans une ville qui compte 513 lits. C'est de l'arithmétique, pas de la politique
7. Choisir un nom propre à l'Algérie et le protégerministère de la Jeunesse et des Sports · fédérations« Sahara Marathon » désigne déjà une épreuve qui se court sur le sol algérien, dans les camps de réfugiés sahraouis près de Tindouf. Le créneau libre est ailleurs : le seul désert volcanique d'altitude d'Afrique

Deux choses que nous avons écartées, et nous le disons. D'abord, nous avions écrit que Noureddine Morceli était recordman du monde du 1 500 mètres : c'est faux au présent, il ne détient plus ce record depuis le 14 juillet 1998 — et l'article le corrige publiquement. Ensuite, nous avions d'abord cru qu'aucun texte n'indiquait qui autorise une course dans le désert : la réponse existait, c'est la voie fédération plus direction de la jeunesse et des sports des wilayas. Nous l'avons corrigée plutôt que de la garder, parce qu'elle était plus flatteuse pour notre démonstration.

Le délai, maintenant. Les décisions 1, 2, 3, 4 et 5 se prennent par circulaire, par réponse écrite ou par publication — sans budget. Les décisions 6 et 7 demandent un plan et un arbitrage. Le Sahara algérien est le plus grand stade du monde. Il est vide. Ce n'est pas le désert qui est vide : c'est notre calendrier.

🎯 La conclusion : le désert n'est pas vide, le calendrier l'est

Nous écrivons ce dossier depuis Alger, et nous avons une conviction, que les chiffres soutiennent : l'Algérie n'a pas besoin d'inventer quoi que ce soit. Elle a le désert le plus vaste d'Afrique, le seul désert volcanique d'altitude du continent, des sites classés au patrimoine mondial, une jeunesse qui s'inscrit en masse dès qu'on lui propose une course, et un passé — un vrai passé, documenté par la fédération internationale — d'épreuve saharienne de haut niveau.

Tout cela existe. Tout cela est en sommeil.

Ce qui manque tient en trois mots : une explication, un décret, des lits. Une explication sur l'arrêt de 2003. Un décret qui dise qui autorise. Et des lits pour accueillir ceux qui viendront.

Le Sahara algérien est le plus grand stade du monde. Il est vide. Ce n'est pas le désert qui est vide : c'est notre calendrier.

📚 Toutes les sources — pour que chacun vérifie

Épreuves et organisateurs — Sahara Marathon, édition 2026, site officiel de l'organisation (200 coureurs, 16 pays, camps administrés par le Front Polisario) ; Sahara Algeria Treg, Djanet, 222 kilomètres, résultats 2024 ; Marathon international de Djanet, dépêche officielle de la fédération internationale d'athlétisme, 3<sup>e</sup> édition 2003, 336 engagés ; Algiers Urban Trail, données de participation 2026 reprises par l'APS, 15 juin 2026 ; Trail Azro N'Thor, Djurdjura, édition 2026 ; Marathon des Sables, règlement officiel, édition 2026.

Comparaisons internationales — Atacama Crossing (Chili, intégralement au-dessus de 2 300 mètres) ; record du marathon le plus haut du monde, 6 893 mètres, désert d'Atacama, 11 février 2026 ; UTAH 115 (États-Unis) ; Marathon des Sables, organisation et logistique.

Sécurité — conseils aux voyageurs de la France (14 juillet 2026), des États-Unis, de la Belgique et de la Suisse.

Droit algérien — loi n° 13-05 du 23 juillet 2013 relative à l'organisation et au développement des activités physiques et sportives ; décret exécutif n° 19-253 du 16 septembre 2019. Régime des balises de détresse et des téléphones satellites : NON TROUVÉ.

Patrimoine — UNESCO, Tassili n'Ajjer ; relevés du Hoggar et du plateau de l'Atakor, sommet du Tahat à 2 918 mètres ; palmarès vérifiés de Hassiba Boulmerka, Noureddine Morceli, Taoufik Makhloufi et Djamel Sedjati.

Note de méthode finale. Nous avons écarté de cet article : le prix d'inscription du Marathon des Sables 2026 (vérifié à la source, mais la page a été retirée depuis — un lecteur ne pourrait pas la retrouver) ; les « 45 millions d'euros de retombées » attribuées à une grande épreuve internationale de montagne (aucune méthodologie publiée, donc invérifiable) ; et toute affirmation sur le nombre de peintures rupestres du Tassili prise hors des fiches officielles de l'UNESCO.