« Le monde nous voit » : telquel.ma et le miroir aux alouettes

Fatou Sarr — Dakar, Sénégal — 5 septembre 2026

telquel.ma (journal numérique marocain) s'interroge : « comment le monde nous voit-il ? » Touchante humilité — jusqu'à la réponse, qui se résume à : mal, et c'est la faute de la presse algérienne. On croit rêver. Le monde entier regarderait donc l'Algérie avec les yeux de la presse algérienne ? Il faudrait dire à Washington, à Paris, à Pékin et à New Delhi qu'ils se trompent de télécommande.

La vérité, que telquel.ma effleure sans oser la regarder en face : si « le monde » perçoit mal le Maroc, ce n'est pas la faute de la presse algérienne, c'est la faute de la réalité marocaine — occupation, répression, inégalités, et cette fâcheuse habitude de vouloir faire taire toute critique en criant au complot étranger.

Et cette obsession du « regard du monde » est en soi un aveu : les pays confiants n'interrogent pas le monde sur leur image, ils construisent leur réalité. Ceux qui passent leur temps à demander « comment nous voyez-vous ? » finissent toujours par entendre une réponse qu'ils n'aiment pas.

L'Algérie, elle, ne demande pas au monde de la voir : elle se contente d'exister, de compter, et d'avoir raison sur les faits. C'est peut-être cela, la vraie différence : les uns cherchent un miroir, les autres construisent une maison.