À Marrakech, la police touristique existe depuis janvier 1998 — et en 2019, elle arrêtait encore douze faux guides par jour

Nadia Cherifi — Alger, Algérie — 21 septembre 2026

Note de méthode. Ce dossier repose sur trois ensembles de documents : vingt-et-une vidéos publiées sur YouTube, que nous avons téléchargées, écoutées et transcrites intégralement ; les avertissements officiels que quatre États étrangers adressent à leurs propres ressortissants ; et les publications des institutions marocaines elles-mêmes. Nous commençons par dire ce que ce dossier ne dit PAS — parce qu'un dossier qui ne concède rien ne vaut rien.

⛔ Trois choses que nous n'écrirons pas

Un dossier de ce genre se juge à ce qu'il refuse d'écrire. Voici donc, avant tout le reste, trois limites que nous nous imposons — et elles nous coûtent.

Premièrement, nous n'écrirons pas que les Marocains seraient des voleurs. Ce n'est pas une précaution de style. C'est faux, ce serait une insulte à tout un peuple, et cela détruirait d'un seul coup la crédibilité de tout ce qui suit. Un créateur de contenu marocain le dit mieux que nous, et nous le citerons plus bas dans ce dossier.

Deuxièmement, nous n'écrirons pas que tout touriste est dépouillé à Marrakech. C'est faux aussi — et nous le savons parce que nous avons fait le travail. Deux des vidéos que nous avons transcrites ont testé délibérément les lieux les plus décriés : l'aéroport, la place, les souks, une tannerie. Leur conclusion est écrite noir sur blanc, et nous la reprendrons telle quelle. Un café en terrasse panoramique sur la place Jemaa el-Fna, choisi précisément parce qu'il semblait le plus cher de la ville, leur a coûté soixante-quatorze dirhams pour deux cafés et deux bouteilles d'eau, sans frais de service.

Troisièmement, nous n'écrirons pas que le Maroc ne fait rien. C'est faux, et c'est même le cœur de ce dossier. Le Maroc fait quelque chose depuis vingt-huit ans.

Et c'est précisément parce qu'il fait quelque chose que ce dossier existe.

🏛️ Le fait que personne ne regarde : la police touristique a vingt-huit ans

Commençons par une date, et elle est marocaine.

En janvier 1998, la Direction générale de la sûreté nationale décide de créer des brigades spécialisées, appelées brigades touristiques. Neuf sont mises en place dans un premier temps, dans neuf villes : Casablanca, Marrakech, Rabat-Salé, Agadir, Fès, Meknès, Tanger, Ouarzazate et Essaouira. Celle de Marrakech est la première du genre au Maroc, et elle est active depuis cette date. En 2018, quatorze villes du pays en disposaient.

Ces informations sont établies par deux sources indépendantes. La première est une conférence officielle de la DGSN tenue à Marrakech les 28 et 29 septembre 2018, dans le cadre de la deuxième édition des Journées portes ouvertes, sur le thème de la gestion des activités touristiques, animée par deux commissaires : Driss Harchi, commissaire-divisionnaire à la Direction de la sûreté publique, et Bouabid Ounasse, commissaire à la préfecture de police de Marrakech. **La seconde est un article du média marocain Le360, publié le 19 décembre 2024 et présenté comme une revue de presse du magazine Jeune Afrique, qui écrit : « La police touristique est active à Marrakech depuis janvier 1998. Elle a été la première du genre. »**

Voilà pour l'existence. Voici maintenant les moyens — et ces chiffres aussi sont marocains.

Le 2 décembre 2025, une salle de contrôle et de commandement du système de vidéosurveillance a été inaugurée au siège de la brigade de police touristique de la médina de Marrakech. Le dispositif, tel que déclaré à l'agence officielle MAP par le commandant divisionnaire Abdellatif Kardad, chef d'état-major des corps urbains de la préfecture de police de Marrakech : deux cent soixante-deux caméras au total, dont cent soixante-seize fixes, vingt-trois mobiles à trois cent soixante degrés, dix-huit de lecture de plaques d'immatriculation — et quarante-cinq caméras de reconnaissance faciale. C'est le portail officiel du Royaume du Maroc qui l'a publié, le 2 décembre 2025.

Quarante-cinq caméras de reconnaissance faciale. Dans la seule médina de Marrakech. Retenons ce nombre, parce qu'il dit à lui seul l'ampleur de ce qu'on cherche à surveiller.

Et voici le chiffre qui donne son sens à tout le reste.

En 2019, la police touristique de Marrakech a appréhendé sept cent trente-cinq faux guides — rien que sur les deux premiers mois de l'année. Le premier semestre de 2018 en avait compté mille huit cents. Soit, en moyenne, douze arrestations de faux guides par jour.

Douze par jour. Ce chiffre n'est ni une estimation d'organisation internationale, ni une compilation d'avis en ligne : **il provient d'une source policière relayée par le quotidien marocain arabophone Al Ahdath Al Maghribia, et repris par Le360 le 8 mars 2019.**

Mesurons maintenant ce que cela signifie — et ce que cela ne signifie pas.

Cela ne signifie pas que rien n'est fait. Au contraire : cela signifie que quelque chose est fait, massivement, tous les jours, depuis des années. Douze arrestations par jour, c'est une administration qui connaît le phénomène, qui le compte, qui le poursuit, et qui y consacre des effectifs.

Cela signifie donc autre chose, et c'est plus grave : le phénomène tient. Il tient malgré une brigade créée en 1998, malgré deux cent soixante-deux caméras, malgré quarante-cinq appareils de reconnaissance faciale, malgré un service central créé à la Direction générale de la sûreté nationale pour suivre l'activité de ces brigades. Quand on arrête douze personnes par jour pendant des années et que le problème reste entier, ce n'est plus un problème de connaissance. C'est un problème de choix.

🎥 2026 : deux des trois interpellations sont venues d'une vidéo, pas d'une plainte

Regardons maintenant ce qui s'est passé ces derniers mois, et regardons surtout comment la police a été saisie. C'est là que ce dossier devient difficile à contester.

Le 13 mars 2026, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un individu en train de harceler une touriste étrangère dans la médina de Marrakech. La préfecture de police de Marrakech réagit : l'homme, connu des services pour plusieurs antécédents judiciaires, est identifié, interpellé et placé sous enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent. Le média marocain H24info rapporte l'affaire le 16 mars 2026.

Le 20 juillet 2026, les services de police de l'arrondissement de la médina interpellent un homme déjà connu pour des antécédents liés à l'exercice illégal du guidage touristique. Il est soupçonné d'avoir extorqué puis agressé physiquement un touriste étranger, après que celui-ci a refusé de payer une visite guidée non autorisée. Le média LeBrief précise noir sur blanc que l'enquête a été déclenchée par une vidéo publiée par la victime elle-même.

Et le 11 novembre 2025, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Marrakech rend son verdict dans une affaire d'escroquerie dont la victime est une touriste française. Un faux guide avait conduit la jeune femme vers une tatoueuse au henné, qui lui avait réclamé six cents dirhams pour un tatouage de deux doigts, place Jemaa el-Fna. Le faux guide est condamné à deux mois de prison ferme et deux mille dirhams d'amende ; la tatoueuse à deux mois avec sursis et mille dirhams d'amende. **C'est Aujourd'hui le Maroc qui rapporte ce jugement, le 14 novembre 2025.**

Arrêtons-nous sur ces trois affaires, parce qu'elles disent quelque chose que les statistiques ne disent pas.

Dans la première et dans la deuxième, la police n'a pas été saisie par une plainte : elle l'a été par une vidéo. Dans la troisième, il a fallu un jugement — donc une plainte, une procédure, un déplacement, et une victime étrangère qui accepte de se faire représenter.

Or le nombre de plaintes déposées par des touristes à Marrakech n'est publié nulle part. Nous l'avons cherché : il n'existe pas. Ce n'est pas un détail de méthode — c'est le vide au milieu du dossier. Quand l'action publique se déclenche parce qu'une vidéo devient virale, ce n'est pas l'efficacité de la police qu'on mesure. C'est la timidité des victimes.

Et il faut dire pourquoi cette timidité est parfaitement rationnelle. Une victime étrangère qui veut porter plainte doit rester sur place, ou revenir, ou payer un avocat, pour un préjudice de quelques centaines de dirhams. Le calcul est vite fait. C'est exactement ce calcul que le système exploite — et c'est ce qui explique qu'une arnaque à vingt euros finisse, quand elle est filmée, par dix mois de prison ferme selon les commentateurs de l'affaire : ce n'est pas le montant qui est sanctionné, c'est la publicité.

📜 Ce que quatre États étrangers écrivent à leurs propres ressortissants

Passons à un autre registre de preuves, et c'est le plus difficile à écarter. Un État qui met en garde ses propres citoyens ne défend aucune thèse : il gère sa responsabilité. Voici donc, mot pour mot, ce que la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada écrivent à leurs ressortissants au sujet du Maroc.

La France, d'abord — et c'est le document le plus précis de tout notre corpus. Sur sa fiche « Maroc — Informations utiles », mise à jour le 15 septembre 2026, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères écrit ceci :

« Dans certaines zones touristiques (Marrakech), de fausses agences proposent aux voyageurs, souvent en le présentant comme une compensation d'une prestation qui n'a pas été au niveau de celle vendue, des offres de voyage à tarifs préférentiels ou des “contrats VIP” pour de futurs voyages. Ces fausses agences exigent un paiement initial ou une empreinte bancaire pour “vérifier la solvabilité” des clients et procèdent ensuite à des virements frauduleux depuis les comptes des clients. »

Lisons cette phrase lentement. Ce n'est pas un blog, ce n'est pas un forum de voyage, ce n'est pas un témoignage anonyme. C'est le ministère des Affaires étrangères de la République française, qui nomme Marrakech entre parenthèses et décrit le mode opératoire, étape par étape, jusqu'au virement frauduleux. Le 15 septembre 2026 — il y a six jours.

Le même ministère, sur le même pays, écrit également :

« Les femmes a fortiori seules, sont souvent l'objet d'une attention intéressée et pressante pouvant aller jusqu'à des actes de harcèlement. »

Et, dans la rubrique consacrée à la délinquance de droit commun, il nomme encore Marrakech :

« Une vigilance accrue est requise dans les grandes agglomérations comme par exemple Casablanca ou Marrakech où des voleurs à moto circulent sur les trottoirs pour dérober sacs à main et téléphones portables. »

Le Royaume-Uni, ensuite. Le Foreign, Commonwealth and Development Office, dans sa fiche « Morocco travel advice » mise à jour le 19 août 2026, consacre une rubrique entière aux faux guides touristiques. Elle s'intitule « Bogus tourist guides » et contient cette phrase :

« It is common for people posing as official tourist guides to harass tourists. »

(« Il est courant que des personnes se faisant passer pour des guides touristiques officiels harcèlent les touristes. »)

« It is common » — courant. Et le verbe employé est « harass » : harceler. C'est la formulation officielle la plus directe que nous ayons trouvée dans tout ce dossier, et elle vient d'un État qui n'a aucun contentieux avec Rabat sur le Sahara. Personne ne pourra dire que c'est un parti pris algérien.

Le même document britannique ajoute, sur la petite délinquance :

« Petty crime is common in tourist areas, especially in historical districts (medina quarters) and on beaches. »

(« La petite délinquance est courante dans les zones touristiques, en particulier dans les quartiers historiques — les quartiers de la médina — et sur les plages. »)

Et sur les taxis, il recommande de « convenir du tarif à l'avance » ou de « vérifier que le taxi utilise un compteur ».

Les États-Unis, ensuite. Le département d'État, sur sa fiche pays mise à jour le 4 juin 2025, écrit dans sa rubrique sur la criminalité :

« Aggressive panhandling, pickpocketing, purse-snatching, theft from unoccupied vehicles, and harassment of women are the most frequently reported issues. »

(« La mendicité agressive, le vol à la tire, l'arrachage de sacs à main, le vol dans les véhicules non occupés et le harcèlement des femmes sont les problèmes les plus fréquemment signalés. »)

« The most frequently reported issues » : les problèmes les plus fréquemment signalés. Le harcèlement des femmes n'y est pas un détail : il est dans la liste courte.

Le Canada, enfin. Ses conseils aux voyageurs, mis à jour le 9 septembre 2026, désignent les médinas, les marchés, les parcs et les plages comme les lieux où surviennent « des vols à la tire, des vols de sacs à l'arraché et en motocyclette, des escroqueries et d'autres types de vols ». Et il recommande de « rester sur les routes principales, surtout dans les médinas ».

Voilà quatre États, quatre administrations, quatre rédactions indépendantes. Aucune n'a intérêt à accabler le Maroc. Trois d'entre elles nomment explicitement les médinas. Une nomme explicitement Marrakech.

Et maintenant, ce qu'il faut dire aussi — parce que sans cela, ce dossier serait malhonnête.

Le Royaume-Uni ne nomme jamais Marrakech. Nous avons vérifié : le mot n'apparaît pas une seule fois dans l'ensemble de sa fiche Maroc. Le Canada ne cite Marrakech que dans sa rubrique Santé, pour signaler que la ville dispose de bonnes cliniques privées. Quant à l'avis américain de niveau 2, il ne parle que de terrorisme : ni arnaque, ni faux guide, ni harcèlement, ni Marrakech.

Et aucun de ces quatre documents ne donne de chiffre. Ni nombre de victimes, ni montant, ni fréquence. Nous n'en donnerons donc aucun de ce côté-là non plus.

Enfin, la France ajoute une phrase qu'il serait malhonnête d'omettre, et elle est à l'honneur du Maroc :

« Le Maroc demeure un pays sûr et sous contrôle des autorités, mais qui reste exposé à la menace terroriste. »

Le même document crédite les autorités marocaines d'une action réelle : le ministère marocain chargé du tourisme « s'efforce d'obtenir des professionnels sérieux l'adhésion à un code de déontologie », et les autorités locales « veillent en particulier à interdire tout démarchage sur la voie publique ».

Voilà le tableau exact, et il n'est pas celui qu'on croit : un État qui agit, et des États étrangers qui constatent que cela ne suffit pas encore.

💰 L'argent : cent trente-huit milliards d'un côté, trois mille quatre cent vingt-deux dirhams de l'autre

Il reste à poser la seule comparaison qui compte — et celle-là, ce sont des documents marocains qui la fournissent.

Ce que le tourisme rapporte. En 2025, le Maroc a accueilli dix-neuf millions huit cent mille visiteurs, soit quatorze pour cent de plus qu'en 2024, et quarante-trois millions quatre cent mille nuitées dans les établissements classés. Les recettes touristiques en devises ont atteint cent trente-huit milliards de dirhams — cent trente-huit virgule un milliards selon l'Office des changes — en hausse de vingt et un pour cent sur un an. Ces chiffres sont ceux du ministère marocain du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, et ils ont été confirmés par l'Office des changes.

Et ce n'est pas fini. Sur les huit premiers mois de 2026, le pays a déjà reçu quatorze millions cent mille touristes, et le mois d'août 2026 a franchi pour la première fois la barre des deux millions de visiteurs en un seul mois.

Ce que le tourisme pèse. **L'OCDE, dans son rapport Tendances et politiques du tourisme 2026, données arrêtées au 17 juin 2026 : contribution directe au produit intérieur brut de sept virgule trois pour cent en 2024, soit cent seize virgule deux milliards de dirhams ; huit cent quatre-vingt-quatorze mille emplois directs en 2025, soit huit virgule deux pour cent de l'emploi total ; et quarante virgule sept pour cent des exportations de services du pays.**

Ce que gagne un salarié marocain, maintenant. **Le décret n° 2.25.983, publié au Bulletin officiel n° 7469 du 29 décembre 2025, fixe le salaire minimum légal dans les activités non agricoles à dix-sept dirhams quatre-vingt-douze de l'heure, à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Sur la base légale de cent quatre-vingt-onze heures par mois, cela représente trois mille quatre cent vingt-deux dirhams soixante-douze brut par mois. Environ trois cent dix-neuf euros.**

Et voici la donnée qui démolit tout ce qu'on raconte sur le « salaire moyen marocain ». L'Observatoire marocain de la très petite, petite et moyenne entreprise, dans son rapport annuel publié en janvier 2026, donne la répartition des quatre millions neuf cent trente et un mille cent emplois déclarés en 2024 :

  • quarante-six virgule six pour cent sont rémunérés au plus au niveau du salaire minimum ;
  • soixante-douze virgule sept pour cent sont rémunérés au plus à quatre mille dirhams par mois ;
  • quatre-vingt-cinq virgule huit pour cent au plus à six mille dirhams ;
  • et deux virgule huit pour cent seulement dépassent vingt mille dirhams.

Presque trois salariés déclarés sur quatre, au Maroc, touchent quatre mille dirhams ou moins. Ce n'est pas une estimation, ni une moyenne contestable : c'est un tableau statistique, construit sur les données de la direction générale des impôts, de l'Office marocain de la propriété industrielle et commerciale, de la Caisse nationale de sécurité sociale, du ministère de l'Industrie et du Commerce et de Bank Al-Maghrib.

Le logement, maintenant. **Selon l'analyse du portail immobilier Mubawab portant sur le premier semestre 2025, reprise par Aujourd'hui le Maroc le 19 août 2025, le loyer moyen national d'un appartement vide s'établit à huit mille sept cent quarante dirhams par mois. Et la zone la plus chère du Maroc n'est ni Casablanca ni Rabat : c'est Marrakech-Agdal, à douze mille six cent cinquante dirhams par mois.**

Posons maintenant les seuls calculs de ce dossier, et donnons la formule pour que chacun puisse les refaire.

  • cent trente-huit milliards de dirhams de recettes touristiques divisés par trois mille quatre cent vingt-deux dirhams soixante-douze de salaire minimum mensuel brut : environ quarante millions de salaires minimum mensuels. (138 000 000 000 ÷ 3 422,72 ≈ 40,3 millions)
  • douze mille six cent cinquante dirhams de loyer à Marrakech-Agdal divisés par trois mille quatre cent vingt-deux dirhams soixante-douze : trois virgule sept. Le loyer du quartier le plus cher de Marrakech représente trois virgule sept fois le salaire minimum marocain. (12 650 ÷ 3 422,72 ≈ 3,70)
  • six cents dirhams réclamés à une touriste pour un tatouage de deux doigts, divisés par trois mille quatre cent vingt-deux dirhams soixante-douze : dix-sept virgule cinq pour cent. Près d'un cinquième du salaire minimum mensuel marocain. (600 ÷ 3 422,72 ≈ 0,175)

Ce dernier calcul est le plus important du dossier, et il faut le lire deux fois. Ce qu'un vacancier européen perçoit comme une anecdote — six cents dirhams, une soixantaine d'euros — représente près d'un cinquième du salaire minimum mensuel d'un travailleur marocain du secteur non agricole. C'est exactement cet écart de perception que ces pratiques exploitent. Et c'est pour cela qu'elles ne sont pas une simple question de tourisme : elles sont une question sociale.

Pendant que le tourisme battait ses records, les inégalités se sont aggravées. Le Haut-Commissariat au plan, dans son enquête nationale sur le niveau de vie des ménages 2022-2023, relève que le coefficient de Gini est passé de trente-huit virgule cinq pour cent en 2019 à quarante virgule cinq pour cent en 2022. Le rapport ajoute cette phrase, qui n'est pas de nous : « la classe moyenne n'a pas pu autant bénéficier ni des fruits de la croissance ni des politiques de redistribution ».

Et voici le dernier chiffre, celui qui explique tout le reste. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage des titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur s'établit à seize virgule sept pour cent — contre trois virgule huit pour cent chez les personnes sans aucun diplôme. Au Maroc, aujourd'hui, plus on est diplômé, plus on risque le chômage. C'est le Haut-Commissariat au plan lui-même qui le publie.

Une précision de méthode, parce qu'elle compte : le HCP a changé d'enquête en 2026, et ces chiffres ne sont pas comparables aux séries antérieures. Nous ne les présentons donc pas comme une évolution, seulement comme un état des lieux.

🎬 Ce que les vidéos montrent vraiment — quatre schémas, et pas un de plus

Nous avons téléchargé et transcrit vingt-et-une vidéos publiées sur YouTube à propos de Marrakech. Il faut d'abord dire une chose désagréable, et nous la dirons avant qu'on nous la reproche : seules sept d'entre elles traitent réellement d'arnaques à Marrakech. Les autres parlent de Tanger, de Fès, du coût de la vie, d'un conflit d'héritage, ou ne contiennent aucune parole exploitable. Nous ne gonflerons pas ce dossier avec ce qui n'y est pas.

Voici donc les quatre schémas réellement documentés par des témoignages précis — et rien d'autre.

Un — le circuit de la tannerie, à quatre acteurs. Un passant leur indique la place, gratuitement. Cinq minutes plus tard, le même homme revient « par hasard » en scooter, avec un complice. Il les dépose dans une ruelle et passe le relais à un deuxième homme, qui propose une visite des tanneries. Un troisième les conduit ensuite dans une boutique de cuir, où un quatrième tente de vendre des ceintures et des babouches. À la fin, le guide réclame cinquante dirhams par tête — dix euros pour une visite de cinq minutes —, répète huit fois « cinq euros », puis lance un « dernier avertissement » pour vingt dirhams de plus. Le témoin conclut : « il y a eu plus de quatre acteurs différents qui ont pris le relais ». Et il ajoute : « leur stratégie d'arnaque, elle est hyper bien rodée ».

Deux — la fraude au poids et le faux cadeau, place Jemaa el-Fna. Le client goûte des échantillons, reçoit un « cadeau », puis le vendeur remplit le sachet sans jamais le poser sur la balance. Il annonce cent soixante plus quatre-vingts, soit deux cent quarante dirhams, avant de s'arrêter à deux cent dix. Le commentateur de l'affaire le formule sans détour : « Le problème, c'est qu'il n'a pas pesé. Du coup, c'est une fraude au poids. »

Trois — le taxi de l'aéroport, et le prix annoncé en euros. Le témoin résume le procédé en une phrase : « Il ne te dit pas le prix en dirham, il te dit le prix en euros. » Et il ajoute : « Après, tu vas t'en rendre compte que la course coûte en réalité dix dirhams, donc environ un euro. » Il rapporte aussi le cas d'un vidéaste britannique qui aurait payé trois cent cinquante dirhams une course dont le tarif affiché était de soixante-dix.

Quatre — la photo facturée, et la question animale. Des singes enfermés dans des boîtes d'un mètre carré, enchaînés. La sollicitation est permanente, le prix négocié en direct — cent dirhams, puis cinquante, puis vingt. Et le témoignage est précis : « dès qu'il y en a un qui approche la main, il est terrifié ». Nous ne sommes pas une rédaction spécialisée dans la condition animale, mais ce fait-là mérite d'être écrit : il ne s'agit plus d'une négociation, il s'agit d'un être vivant enfermé dans une boîte pour servir de décor.

Ces quatre schémas sont des témoignages publiés, pas des faits établis. Nous n'avons vu ni facture, ni procès-verbal, ni tarif officiel. Nous les rapportons comme tels, avec le lien vers chaque vidéo, pour que chacun puisse les regarder et juger lui-même.

Et il y a une chose que nous n'écrirons pas, parce que nous ne l'avons pas trouvée : aucune des vingt-et-une vidéos que nous avons transcrites ne documente précisément la « panne » du terminal de paiement, les détours de taxi, l'arnaque au change, les faux policiers, les faux employés d'hôtel, les vols à l'arraché ou le harcèlement des femmes à Marrakech. Nous savons que ces choses existent : les documents officiels cités plus haut, eux, en parlent. Mais nous ne mélangerons pas des avertissements d'État avec des vidéos de vacances pour faire du volume.

🟢 Ce qu'il faut dire aussi, et que d'autres ne diront pas

Cette section est la raison pour laquelle le reste de ce dossier est crédible. Si vous ne devez lire qu'un seul passage, lisez celui-ci.

Deux vidéos ont testé délibérément les lieux les plus décriés : l'aéroport, la place, les souks, une tannerie, un café réputé le plus cher de la ville. Leur conclusion tient en une phrase : « On n'a pas été confrontés à de véritables arnaques. » Et elles ajoutent : « Il n'y a personne qui a été insistant ou agressif. »

La même vidéo prend soin de prévenir contre son propre procédé : « C'est pas parce qu'on teste toutes les arnaques d'un pays qu'il y en a énormément. » C'est une mise en garde méthodologique que peu de vidéastes s'imposent, et nous la reprenons à notre compte.

Le café en terrasse panoramique sur la place Jemaa el-Fna, précisément choisi parce qu'il semblait le plus cher de la ville, a coûté soixante-quatorze dirhams pour deux cafés et deux bouteilles d'eau. Sans frais de service, et avec pourboire laissé libre.

Le taxi officiel de l'aéroport a coûté moins cher qu'une application de réservation : cent trente-deux dirhams contre deux cents. Le témoin le dit lui-même : « pas d'escroc ici ».

Les charmeurs de serpents, dans l'une des vidéos, n'ont pas insisté. Le témoin l'écrit : « ils étaient pas insistants ».

Et le guide anti-arnaque le plus connu sur le sujet prend soin de désamorcer lui-même la généralisation : « Je ne veux vraiment pas généraliser, dire que tous les chauffeurs de taxi sont des arnaqueurs, ce n'est pas vrai. » Il rappelle aussi que le phénomène suit le flux touristique, et non une culture : pendant les deux ans de pandémie, dit-il, il n'y avait presque plus de chauffeurs arnaqueurs — parce qu'il n'y avait presque plus de touristes.

Voilà ce qu'un dossier honnête doit contenir. Ce n'est pas une concession faite par politesse : c'est une information. Une ville où deux vidéos sur vingt-et-une ne trouvent rien, et où le café le plus cher de la place coûte soixante-quatorze dirhams, n'est pas une ville d'arnaqueurs. C'est une ville où un système commercial bien rodé s'est installé dans les zones les plus fréquentées, et où l'autorité publique le sait depuis vingt-huit ans.

🇲🇦 Et la voix marocaine, qui dit mieux que nous ce qu'il faut dire

Il faut maintenant parler de la chose la plus importante de ce dossier, et de la plus gênante pour nous.

Sur vingt-et-une vidéos, les personnes qui décrivent le système sont presque toutes des touristes et des créateurs de contenu étrangers. Les voix marocaines existent, mais elles sont rares et courtes. Nous le disons au lieu de le cacher : nous ne pouvons pas faire dire à un corpus ce qu'il ne contient pas.

La plus forte de ces voix est celle d'un créateur de contenu marocain, qui dit ceci :

« Il n'y a pas que des gens qui volent. Il y a énormément de personnes qui sont pieuses, qui sont sérieuses et qui travaillent honnêtement. »

Et il ajoute, dans la même séquence, la phrase qui devrait être lue par tous ceux qui exploitent ce genre de dossier :

« Mais on commence à faire l'amalgame, à dire que le Maroc c'est un pays d'arnaque, de par ce genre de comportement. »

Ce n'est pas nous qui parlons. C'est un Marocain qui parle de son pays, et qui refuse l'amalgame avant que quiconque le lui reproche. Son diagnostic économique est d'ailleurs plus dur que le nôtre :

« Le vrai problème au Maroc, c'est que c'est des opportunistes qui travaillent en one shot. On ne pense pas à lui qui va revenir peut-être dans quelques mois ou dans quelques années. »

Il assume même publiquement sa position sur la sanction — ce que peu de gens font : « c'est pour ça que moi, je suis d'accord pour une peine lourde pour le vendeur », dit-il, parce que celui-ci « a peut-être fait des dizaines, voire même des centaines, peut-être même des milliers de fois ».

Et le témoin le plus sévère de tout le corpus, un touriste, met lui-même une borne : « Marrakech ce n'est qu'une ville et ça ne représente rien la totalité du pays. »

Voilà pourquoi nous n'écrirons jamais que « les Marocains » font quoi que ce soit. Les premiers à le dire, ce sont des Marocains — et ils le disent mieux que nous, parce que c'est leur pays, leur économie et leur réputation qu'ils défendent.

🎯 La conclusion, en cinq phrases

Le Maroc a créé sa première brigade de police touristique en janvier 1998, à Marrakech ; il a inauguré le 2 décembre 2025 une salle de contrôle de deux cent soixante-deux caméras, dont quarante-cinq à reconnaissance faciale, dans la seule médina ; et en 2019, il arrêtait déjà douze faux guides par jour. Personne ne peut donc soutenir que le phénomène est méconnu.

En 2026, deux des trois interpellations liées à un touriste ont été déclenchées par une vidéo publiée par la victime, et non par une plainte — alors que le nombre de plaintes déposées par des touristes à Marrakech n'est publié nulle part. C'est là, et nulle part ailleurs, que se trouve le vrai sujet.

Le pays a encaissé cent trente-huit milliards de dirhams de recettes touristiques en devises en 2025, pendant que soixante-douze virgule sept pour cent de ses salariés déclarés gagnaient au plus quatre mille dirhams par mois, que le salaire minimum brut s'établissait à trois mille quatre cent vingt-deux dirhams, que le loyer moyen d'un appartement vide à Marrakech-Agdal atteignait douze mille six cent cinquante dirhams, et que les inégalités se sont aggravées entre 2019 et 2022.

Le Royaume-Uni écrit à ses ressortissants qu'il est « courant » que de faux guides les harcèlent ; la France nomme Marrakech dans un avertissement officiel sur les fausses agences ; les États-Unis classent le harcèlement des femmes parmi les problèmes les plus fréquemment signalés au Maroc ; le Canada recommande de rester sur les routes principales dans les médinas. Aucun de ces quatre États n'a de contentieux avec Rabat sur le Sahara.

Alors la question n'est pas de savoir si Marrakech est une ville dangereuse : elle ne l'est pas, et ceux qui l'ont testée le disent eux-mêmes. La question est de savoir pourquoi ce qui est connu depuis 1998, compté, filmé, publié, jugé, et signalé par quatre gouvernements étrangers, continue. Tant que cette question n'aura pas de réponse publique, les vidéos continueront de faire le travail que les plaintes ne font pas.

🔗 Les sources, en accès direct — cliquez et vérifiez vous-même

  • La création des brigades touristiques en janvier 1998, les neuf villes initiales, les quatorze villes en 2018 et le service central de la DGSN — Hibapress, conférence des Journées portes ouvertes de la DGSN à Marrakech, 29 septembre 2018 : https://fr.hibapress.com/news-21717.html
  • « La police touristique est active à Marrakech depuis janvier 1998. Elle a été la première du genre. » — Le360, revue de presse de Jeune Afrique, 19 décembre 2024 : https://fr.le360.ma/economie/marrakech-la-securite-un-outil-touristique-majeur_7MSP4MTQ2BHPLHX4K3XSBQKCO4/
  • L'inauguration de la salle de contrôle, les 262 caméras dont 45 à reconnaissance faciale — portail officiel du Royaume du Maroc, dépêche MAP, 2 décembre 2025 : https://www.medi1news.com/fr/article/374280.html — et LeBrief, 2 décembre 2025 : https://www.lebrief.ma/marrakech-renforce-la-securite-de-lancienne-medina-avec-une-nouvelle-salle-de-videosurveillance-100132562/
  • Les 735 faux guides arrêtés en deux mois en 2019, les 1 800 du premier semestre 2018, et la moyenne de douze par jour — Le360 d'après le quotidien marocain Al Ahdath Al Maghribia, 8 mars 2019 : https://fr.le360.ma/societe/marrakech-arrestation-de-plus-de-700-faux-guides-185582/
  • L'arrestation du 13 mars 2026 après la diffusion d'une vidéo — H24info, 16 mars 2026 : https://h24info.ma/maroc/societe/marrakech-arrestation-homme-filme-harceler-touriste/
  • L'agression du 20 juillet 2026 et l'enquête déclenchée par la vidéo de la victime — LeBrief, 21 juillet 2026 : https://www.lebrief.ma/marrakech-arrestation-dun-faux-guide-apres-agression-dun-touriste-100160750/
  • La condamnation du 11 novembre 2025 : deux mois ferme pour le faux guide, six cents dirhams pour deux doigts tatoués — Aujourd'hui le Maroc, 14 novembre 2025 : https://aujourdhui.ma/faits-divers/a-marrakech-un-faux-guide-et-une-tatoueuse-au-henne-ecopent-de-2-mois-de-prison
  • France — « Maroc — Informations utiles » : les fausses agences de Marrakech et les « contrats VIP », et les méthodes agressives de démarchage — ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, mise à jour du 15 septembre 2026 : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/maroc/conseils-aux-voyageurs-informations-utiles
  • France — « Maroc — Sécurité » : le harcèlement des femmes, les voleurs à moto à Marrakech, les vols dans les locations de type Airbnb — ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, mise à jour du 11 mars 2026 : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/maroc/conseils-aux-voyageurs-securite
  • Royaume-Uni — « It is common for people posing as official tourist guides to harass tourists » — Foreign, Commonwealth and Development Office, mis à jour le 19 août 2026 : https://www.gov.uk/foreign-travel-advice/morocco
  • États-Unis — « Aggressive panhandling, pickpocketing, purse-snatching […] and harassment of women are the most frequently reported issues » — département d'État, fiche pays, mise à jour du 4 juin 2025 : https://travel.state.gov/content/travel/en/international-travel/International-Travel-Country-Information-Pages/Morocco.html
  • Canada — les médinas, les marchés, les parcs et les plages désignés comme lieux de vols et d'escroqueries — conseils aux voyageurs, mise à jour du 9 septembre 2026 : https://voyage.gc.ca/destinations/maroc
  • Les 19,8 millions de visiteurs, les 138 milliards de dirhams de recettes en devises et les 43,4 millions de nuitées de 2025 — ministère marocain du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, page « Chiffres clés » : https://mtaess.gov.ma/fr/chiffres-cles/ — et 138,1 milliards selon l'Office des changes, rapporté par Médias24, 30 janvier 2026 : https://medias24.com/2026/01/30/les-recettes-touristiques-franchissent-les-138-mmdh-a-fin-decembre-2025-1619875/
  • Les 14,1 millions de touristes de janvier à août 2026 et le record d'août — Travel Quotidiano citant le ministère marocain du Tourisme, 8 septembre 2026 : https://www.travelquotidiano.com/estero/marocco-141-mln-di-visitatori-in-otto-mesi-con-un-agosto-da-record/tqid-521482
  • La contribution directe du tourisme au PIB (7,3 %), les 894 000 emplois (8,2 %) et les 40,7 % des exportations de services — OCDE, Tendances et politiques du tourisme 2026, profil Maroc, page 298, données arrêtées au 17 juin 2026 : https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2026/06/oecd-tourism-trends-and-policies-2026_13326fe2/3fd3cd75-en.pdf
  • Le décret n° 2.25.983 du 29 décembre 2025 : salaire minimum de 17,92 dirhams de l'heure dans les activités non agricoles, et 97,44 dirhams par jour dans les activités agricoles — Bulletin officiel n° 7469, page 10038, texte intégral sur le portail Adala du ministère marocain de la Justice : https://adala.justice.gov.ma/api/uploads/2026/01/02/%d9%85%d8%b1%d8%b3%d9%88%d9%85%20%d8%b1%d9%82%d9%85%202.25.983%20%d8%a8%d8%aa%d8%ad%d8%af%d9%8a%d8%af%20%d9%85%d8%a8%d9%84%d8%ba%20%d8%a7%d9%84%d8%ad%d8%af%20%d8%a7%d9%84%d8%a3%d8%af%d9%86%d9%89%20%d8%a7%d9%84%d9%82%d8%a7%d9%86%d9%88%d9%86%d9%8a%20%d9%84%d9%84%d8%a3%d8%ac%d8%b1-1767367317805.pdf
  • La répartition des salaires : 72,7 % des emplois déclarés à 4 000 dirhams ou moins, 46,6 % au plus au niveau du salaire minimum, 2,8 % au-dessus de 20 000 dirhams — OMTPME, Rapport annuel, édition 2025, tableau 52, données 2024, publié en janvier 2026 : https://omtpme.ma/wp-content/uploads/2026/01/OMTPME_RA-Edition-2025.pdf
  • Le loyer moyen national de 8 740 dirhams et les 12 650 dirhams de Marrakech-Agdal, les plus élevés du Maroc — Aujourd'hui le Maroc d'après l'analyse du portail Mubawab, 19 août 2025 : https://aujourdhui.ma/economie/marche-locatif-les-prix-moyens-en-hausse-au-premier-semestre-2025
  • Le coefficient de Gini passé de 38,5 % en 2019 à 40,5 % en 2022, et la phrase sur la classe moyenne — Haut-Commissariat au plan, enquête nationale sur le niveau de vie des ménages 2022-2023 : https://www.hcp.ma/file/241059/
  • Le chômage de 16,7 % chez les diplômés du supérieur contre 3,8 % chez les personnes sans diplôme, au deuxième trimestre 2026 — Haut-Commissariat au plan, note d'information sur la situation du marché du travail : https://www.hcp.ma/attachment/2897232/
  • L'indice de développement humain du Maroc : 0,710, cent vingtième rang mondial, première entrée dans la catégorie « développement humain élevé » — PNUD, Rapport sur le développement humain 2025, note pays Maroc : https://www.undp.org/sites/g/files/zskgke326/files/2025-05/hdr2025-maroc2025-clean_0.pdf
  • Les vidéos que nous avons transcrites, et dont nous citons des passages — il s'agit de témoignages publiés par leurs auteurs, présentés comme tels, et non de faits établis par nous :
  • le circuit de la tannerie, la photo facturée avec animaux et le « cinq euros » répété huit fois : https://www.youtube.com/watch?v=t64A4Gc3UFk
  • la fraude au poids des fruits secs à Jemaa el-Fna, et la voix marocaine citée plus haut : https://www.youtube.com/watch?v=BmKMcQrEDXs
  • les deux vidéos-test qui ne trouvent pas d'arnaque, et le café à soixante-quatorze dirhams : https://www.youtube.com/watch?v=DwjHLm3vs_I et https://www.youtube.com/watch?v=6tBpLWtTKxU
  • le taxi d'aéroport, le prix annoncé en euros et l'appel à ne pas généraliser : https://www.youtube.com/watch?v=IuWwHvnPGHk
  • la journée entière sous sollicitation place Jemaa el-Fna : https://www.youtube.com/watch?v=bF4BrU_qo0A
  • le reportage sur la tannerie, les singes et les prix du quotidien : https://www.youtube.com/watch?v=VMsSd64P1Gw

Ces liens ouvrent directement les documents cités, avec leurs dates. Les deuxièmes et troisièmes séries de liens sont les plus importants : ils vous permettent de lire vous-même, mot pour mot, ce que quatre gouvernements étrangers écrivent à leurs citoyens, et ce que disent les institutions marocaines. Nous n'avons rien résumé de mémoire, et nous n'avons rien inventé.

Note finale, et elle est sérieuse. Nous n'avons trouvé aucune série officielle de plaintes déposées par des touristes à Marrakech, pour aucune année : nous n'en présentons donc aucune. Le « Memento de sécurité » du consulat général de France à Marrakech a été retiré du site ; nous ne le citons donc pas. Nous n'avons vu aucun jugement de nos yeux : les deux sanctions pénales citées dans ce dossier sont rapportées par la presse ou par des vidéastes, et nous le disons chaque fois. Et nous n'avons pas interrogé les autorités marocaines : nous répondons à des documents publics, et nous publierons leur réponse si elle nous parvient.