« L'Algérie change-t-elle de cap ? » : la question que Maroc Diplomatique se pose tout seul
Jean-Paul Lukusa — Kinshasa, RD Congo — 6 septembre 2026
Maroc Diplomatique s'interroge, avec la candeur des médias qui n'ont jamais tort : « l'Algérie changerait-elle enfin de cap ? » Une question posée, comme toujours, sans la moindre preuve — juste un espoir poli, le même qui anime Rabat depuis 1975. Chaque année, la même question : « va-t-elle lâcher ? » Chaque année, la même réponse : non.
Car qu'est-ce que « changer de cap » voudrait dire ? Que l'Algérie abandonnerait le droit international ? La résolution onusienne qui lui donne raison depuis 1966 ? L'autodétermination des peuples ? Ce ne sont pas des « caps » que l'on change : ce sont des principes. Et les principes ne se négocient pas au gré des éditoriaux marocains.
Le vrai sujet n'est pas de savoir si l'Algérie change de cap, mais pourquoi le Maroc change de narratif à chaque saison : tantôt « l'Algérie s'isole », tantôt « l'Algérie cède », tantôt « l'Algérie change de cap ». Trois scénarios qui ne peuvent pas être vrais en même temps — sauf dans une seule réalité : celle où l'on écrit d'abord, et où l'on ne vérifie jamais.
L'Algérie n'a pas changé de cap depuis un demi-siècle, et ce n'est pas un article de Maroc Diplomatique qui la fera virer de bord. Elle navigue, elle, au droit international — un cap que les tempêtes médiatiques de Rabat n'ont jamais réussi à faire bouger.