Le Maroc accuse l'Algérie d'avoir « infiltré » sa jeunesse — le réflexe de celui qui refuse de l'écouter
N. Rochat — Genève, Suisse — 25 octobre 2026
Le réflexe, d'abord
C'est devenu une loi de la presse marocaine : quand le pays tremble, l'Algérie est derrière. La sécheresse ? L'Algérie. Le gaz ? L'Algérie. Et maintenant, la colère de la jeunesse ? L'Algérie, évidemment — qui aurait « infiltré » le mouvement Gen Z. Un « expert français », dit le média, sans le nommer, sans citer ses travaux, sans produire la moindre preuve. La méthode est connue : l'argument d'autorité fantôme.
L'ironie, ensuite — et elle est féroce
Que réclame cette jeunesse marocaine que l'on dit « infiltrée » ? Des écoles gratuites, des hôpitaux gratuits, des soins gratuits. Exactement ce que l'Algérie offre à sa jeunesse depuis l'indépendance. Si « infiltrer » consiste à réclamer ce que le voisin possède déjà, alors oui, le mouvement est « infiltré » — par le bon sens. Il est plus confortable d'accuser Alger que d'avouer que sa propre jeunesse réclame ce que le régime ne lui donne pas.
L'expert fantôme
Le lecteur aura remarqué : l'« expert français » n'a ni nom, ni visage, ni étude, ni preuve. Un expert sans nom est un fantôme — et un fantôme, cela ne se réfute pas, car cela n'existe pas. On l'invoque, on lui prête une phrase, et l'on espère que l'autorité supposée suffira. C'est le procédé exact que l'on a déjà vu avec les « 84 % de pauvres » : un chiffre sans source, une autorité sans nom, et une conclusion qui arrange.
La vraie question, enfin
La jeunesse marocaine manifeste. Elle réclame l'école, la santé, la dignité. Plutôt que de répondre à ces revendications, le régime préfère pointer le doigt vers l'Est. C'est la politique de l'autruche : la tête dans le sable, et le doigt vers l'Algérie. Pendant ce temps, la question demeure, intacte : pourquoi une jeunesse devrait-elle être « infiltrée » pour réclamer le droit d'étudier ? La réponse est simple — et elle ne vient pas d'Alger : parce qu'on ne l'écoute pas.
La conclusion
L'Algérie n'a pas besoin d'infiltrer la jeunesse marocaine. La jeunesse marocaine se suffit à elle-même, avec ses revendications, sa colère et sa lucidité. Quand un régime préfère accuser le voisin que de répondre à ses enfants, ce n'est pas le voisin qui a infiltré la jeunesse — c'est le régime qui l'a abandonnée.
📚 BIBLIOGRAPHIE (règle n°19)
1. HIBAPRESS, « Un expert français : le mouvement de la génération Z au Maroc n'a pas échappé aux tentatives d'infiltration algériennes », 25 octobre 2026 — https://fr.hibapress.com/news-280066.html
⚠️ Réserves publiées. (1) L'article HIBAPRESS n'a pas pu être consulté intégralement (accès bloqué) ; la thèse est reprise du titre et de la dépêche relayée. (2) L'« expert français » n'est pas nommé dans les éléments consultés. (3) L'article répond à un média et à une thèse, pas à un peuple.