Harragas : le360 crache sur les noyés — depuis le pays qui en exporte le plus

Y. Bensalem — Alger, Algérie — 19 octobre 2026

Un journal qui crache sur des noyés. le360 publie : « le gaz par le tuyau, les jeunes par la mer ». Il s'amuse du drame de jeunes qui fuient, qui se noient, qui meurent. Il en fait un titre, un bon mot, une petite phrase qui tue. Il n'y a qu'un mot pour ça : l'indécence.

Et l'hypocrisie, dans tout ça ? Le Maroc, qui publie ce crachat, est lui-même le premier pourvoyeur de harragas vers l'Espagne — par les Canaries, par Ceuta, par Melilla. Les Marocains sont, depuis des années, les plus nombreux à partir, à mourir, à être refoulés sur ces routes. Choisir la seule route des Baléares pour clamer « l'Algérie est première », c'est tricher au classement en fermant les yeux sur ses propres cadavres. La poutre et la paille — sauf qu'ici, c'est la poutre qui se moque de la paille.

Le gaz « déguisé », l'aveu d'un ignare. le360 ricane : l'Algérie « déguise » son gaz en engrais, en acier, en ciment. Mais transformer le gaz en fertilisants, c'est le B.A.-BA de l'industrialisation : ajouter de la valeur au lieu de vendre brut. Le Maroc, lui, vend ses phosphates bruts, sa tomate brute, sa main-d'œuvre brute. Il n'a rien « déguisé » — il a tout vendu en vrac, au plus offrant.

« Céder sa jeunesse » ? La vôtre part aussi. le360 reproche à l'Algérie de « céder sa jeunesse » à l'Espagne. Mais la jeunesse marocaine, elle, part aussi — par milliers, par la mer, par les enclaves, et en plus pour devenir ouvrière agricole sous serre en Andalousie à trois euros de l'heure. La différence ? L'Algérie construit l'industrie qui retient ses jeunes — la voiture, le pneu, l'agriculture. Le Maroc, lui, exporte sa jeunesse comme il exporte ses tomates : en vrac, et pas cher.

Et le calembour, pour finir — il est mérité. le360 croit nous humilier avec son « gaz par le tuyau, les jeunes par la mer ». Mais qui remplit ces barques ? La misère. Et qui fabrique la misère ? Les régimes qui vendent leur sol, leur jeunesse et leurs phosphates au plus offrant, et qui, faute d'industrie, exportent leurs propres enfants. L'Algérie a son gaz, son acier, ses pneus. Le Maroc a ses harragas, ses tomates et ses leçons. On ne se moque pas des noyés quand on tient la barque.

📚 BIBLIOGRAPHIE COMPLÈTE (règle n°19)

1. le360, « Le gaz par le tuyau, les jeunes par la mer : l'Algérie, premier pourvoyeur de harragas vers l'Espagne », 19 octobre 2026 — https://fr.le360.ma/monde/le-gaz-par-le-tuyau-les-jeunes-par-la-mer-lalgerie-premier-pourvoyeur-de-harragas-vers-lespagne_J35MAYLLVFGZNMRLRZGKLA7GY4/

2. EFE / ministère espagnol de l'Intérieur — données des arrivées aux Baléares et aux Canaries

⚠️ Réserves publiées. (1) Les chiffres des migrations doivent être recopiés depuis les sources officielles. (2) L'article répond à un média, pas à un peuple. (3) La tragédie des harragas est réelle et partagée — l'article dénonce la moquerie, pas les victimes.