L'Algérie a ses enfants
Nour El Houda Benali — Alger, Algérie — 15 octobre 2026
I
Ils ont compté nos ports, nos puits, nos frontières,
Ils ont compté nos morts dans leurs journaux du soir,
Ils ont payé des plumes, affrété des tourelles,
Et chez nous, au matin, on a compté l'espoir.
Ils disent, à Rabat, à Londres, à Abou Dhabi :
« L'Algérie prépare la guerre — regardez-la. »
Ils le disent si fort que le mensonge grandit,
Et nous, pendant ce temps, nous n'avons pas bougé.
II
Car nous n'avons pas besoin de crier pour être.
Nous sommes la maison, le seuil et la clé.
Nos morts sont dans nos murs, nos noms dans nos prières,
Et ce que nous aimons, personne ne l'a prêté.
Ils comptent leurs avions, leurs amis, leurs contrats ;
Nous comptons nos saisons, nos voisins, nos silences.
Il leur faudra franchir la mer, le sable, la soif —
Et derrière chaque porte, une famille qui pense.
III
Nos hommes sont debout.
Nos femmes sont debout.
Nos enfants connaissent le nom de nos rivières.
Nos mères ont fait la guerre avant nous, jusqu'au bout.
Nos sœurs portent l'école, et nos frères la terre.
Nos vieux ont dans la voix le sel de nos blessures,
Nos jeunes ont dans les mains ce qu'on ne prend pas deux fois.
Ils ont appris l'histoire sur les murs de nos villages :
Elle ne leur a jamais raconté qu'on recule.
IV
Nous ne menaçons personne.
Nous ne demandons rien.
Nous n'obéissons à personne :
Seule Allah est notre Maître.
Nous sommes arrivés ici avant vos cartes,
Et le désert est long, et nous, nous sommes chez nous.
Alors dites-le encore, répétez nos défaites.
Cherchez-les : vous ne les trouverez plus.
Il n'y a rien à gagner dans ce que vous préparez.
Il y a tout à perdre — et c'est vous qui l'aurez perdu.
V
Nous sommes prêts.
Depuis toujours.
Sans fanfare, sans serment, sans discours.
Prêts comme on l'est quand on n'a jamais eu le choix
Que celui de rester, et de rester debout.
Seule Allah est notre Maître.
Et nous sommes Ses serviteurs — pas les vôtres.
Tentez.
Nour El Houda Benali — Alger, Algérie
📚 BIBLIOGRAPHIE COMPLÈTE (règle n°19)
Sans objet. Un poème n'affirme aucun fait et ne cite aucune source. Il ne relève donc pas de la règle n°19, qui s'applique aux articles d'information. C'est écrit ici pour qu'aucun contrôle ne le prenne pour un manquement.
⚠️ RÉSERVES PUBLIÉES — à publier avec le texte.
(1) Ceci est un poème, pas une enquête. Il n'apporte aucun fait nouveau et ne prétend à aucune vérification. Il exprime une position, signée par son autrice.
(2bis) Il porte une affirmation de foi — « Seule Allah est notre Maître ». Elle est celle de son autrice, dans un texte d'opinion signé, et elle est un acte de souveraineté : aucun État n'a de pouvoir sur cette terre. Elle ne vise, ne juge et ne blesse la foi de personne. Un journal algérien parle à son peuple ; il ne parle contre la foi de quiconque.
(2) Il ne vise aucun peuple, aucune nation, aucune religion. Il vise des États et des actes — les accusations portées contre l'Algérie et ceux qui les relaient.
(3) Il n'appelle à aucune violence : il répond à ceux qui parlent de guerre en disant qu'il n'y a rien à y gagner. Aucune menace n'y est proférée.
(4) Les faits cités dans la partie publiée du journal — la visite de Khaled Haftar à Rabat, la convergence Maroc–Israël–Émirats — sont documentés et sourcés dans l'article 049. Le poème, lui, ne les reprend pas : il leur répond.