Abou Dhabi démasqué : le Financial Times a documenté, en août 2026, tout ce que l'Algérie dénonçait depuis deux ans

Sarah O’Neill — Liverpool, Royaume-Uni — 11 septembre 2026

Note de méthode, à lire avant tout. Chaque fait de ce dossier porte sa source et son lien. Chaque citation est donnée dans sa langue d'origine, puis traduite. Nous n'avançons aucun chiffre que le lecteur ne puisse vérifier lui-même en cliquant. Et deux enquêtes du Financial Times ne sont accessibles qu'aux abonnés : nous le signalons honnêtement à chaque fois, et nous citons ce que des médias tiers en rapportent mot pour mot.

Le 10 septembre 2026, l'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Le même jour, le360.ma (journal numérique marocain) titrait sur la « paranoïa au sommet » et sur les « obsessions morbides » d'Alger.

Un mot, donc, sur la paranoïa. La paranoïa, c'est croire à une menace qui n'existe pas.

Or, un mois plus tôt, le Financial Times publiait une série d'enquêtes documentant précisément ce que la présidence algérienne dénonce publiquement depuis 2024. Un réseau de recrutement de mercenaires. Des bases militaires. Des ports. De l'or volé. Et une société de sécurité fondée par un haut responsable de la présidence émiratie.

Voici le dossier, pièce par pièce.

Pièce n° 1 — L'enquête sur la « poussée impériale »

Financial Times, « The UAE's imperial push into Africa », 3 août 2026.

Lien : https://www.ft.com/content/a4c6e5da-dc9f-43b0-a794-c3f6bb9bca7d

Accès abonnés. Le contenu ci-dessous est celui que rapportent des médias tiers, chacun cité avec son lien.

Ce que l'enquête établit, selon Afrik.com (« Émirats en Afrique : ce qu'Alger dénonce depuis deux ans dévoilé par le FT ») :

Lien : https://www.afrik.com/emirats-arabes-unis-afrique-alger-or-soudanais-ports-mercenaires

  • Depuis 2017, des entités émiraties ont annoncé plus de 168 milliards de dollars d'investissements en Afrique, selon le décompte du Financial Times ;
  • DP World et AD Ports exploitent ou développent des ports, terminaux et zones franches dans treize pays ;
  • des sociétés liées aux Émirats ont acquis des terres agricoles et des permis miniers sur l'ensemble du continent ;
  • Abou Dhabi revendique plus de 110 milliards de dollars engagés entre 2019 et 2023, dont plus de 70 milliards dans l'énergie et les renouvelables — ce qui la placerait au quatrième rang mondial des investisseurs en Afrique, derrière les États-Unis, la Chine et l'Union européenne.

Et cette phrase du Financial Times, reprise telle quelle par la Radio Algérienne dans sa dépêche du 18 août 2026 à 09h46 :

Lien : https://news.radioalgerie.dz/fr/node/92526

« Sous la direction de son dirigeant autoritaire, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, connu sous le nom de MBZ, ce petit État désertique a déployé des investissements, de l'influence et du matériel militaire dans plusieurs régions d'Afrique à une vitesse fulgurante, dans le but d'exploiter le commerce et les ressources pour son avenir post-pétrolier. »

La même dépêche a été publiée en anglais par la Radio Algérienne :

Lien : https://news.radioalgerie.dz/en/node/92522

Et reprise par Le Jeune Indépendant :

Lien : http://www.jeune-independant.net/en/2026/08/18/according-to-a-financial-times-investigation-uae-fuels-conflicts-and-destabilizes-african-nations/

Par La Nouvelle République (LNR-DZ) :

Lien : https://www.lnr-dz.com/2026/08/18/les-emirats-alimentent-les-conflits-et-destabilisent-les-pays-africains/

Par ENTV, la télévision publique algérienne (en arabe) :

Lien : https://www.entv.dz/dz-tif/node/12118

Par Africa-Press :

Lien : https://www.africa-press.net/gambia/all-news/ft-uae-fuels-conflicts-and-threatens-africas-stability

Pièce n° 2 — Le réseau de mercenaires

Financial Times, « The mercenaries fighting in Africa's forgotten war », 14 août 2026, signé Katharine Houreld et Justin Lynch.

Accès abonnés. Nous donnons le titre exact, les auteurs et la date, vérifiés à la source — et nous ne fabriquons aucune adresse. Le lecteur abonné le retrouvera en tapant ce titre sur ft.com.

Ce que cet article révèle, selon La Nouvelle Tribune :

Lien : https://lanouvelletribune.info/2026/08/accuses-dambition-imperiale-les-emirats-repondent-dans-le-financial-times/

  • Le rôle d'une société de sécurité basée aux Émirats, le Global Security Services Group (GSSG), dans le recrutement d'environ 2 000 mercenaires colombiens envoyés combattre aux côtés des Forces de soutien rapide au Soudan ;
  • ces combattants auraient transité par des bases militaires émiraties avant d'être déployés à Nyala et El-Fasher, ville tombée sous contrôle paramilitaire en octobre 2025 « dans des circonstances jugées meurtrières par les Nations unies » ;
  • la même enquête évoque des lingots d'or dérobés à la raffinerie publique de Khartoum, retrouvés sur le sol émirati pour une valeur dépassant les 100 millions de dollars.

La géographie du réseau, telle que le Financial Times la décrit, est reprise mot pour mot par la Radio Algérienne :

Lien : https://news.radioalgerie.dz/fr/node/92526

« Un réseau qui s'étend de la Colombie aux EAU, puis à Bosaso en Somalie, Al-Kufra en Libye, Nyala et El Fasher au Soudan. »

Et sur la méthode d'enquête, la même source précise :

« Le Financial Times a récolté les témoignages d'anciens combattants ayant participé à des conflits où ce réseau est actif. Il a également consulté des registres de voyage, de données numériques, de photos et autres documents liés à ce trafic. »

Pièce n° 3 — La société qui se dit le bras armé de l'État émirati

C'est le point le plus grave du dossier, et il est sourcé.

Selon Middle East Monitor (« Emirati money buys a lot of conscience: How UAE-linked recruiters sent Colombians into Sudan's war », 17 août 2026) :

Lien : https://www.middleeastmonitor.com/20260817-emirati-money-buys-a-lot-of-conscience-how-uae-linked-recruiters-sent-colombians-into-sudans-war/

  • GSSG a été fondée en 2016 par Ahmed Mohammed Al-Humairi, secrétaire général de la Cour présidentielle des Émirats arabes unis ;
  • le site de l'entreprise a listé la Cour présidentielle ainsi que les ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur parmi ses clients ;
  • GSSG s'est elle-même présentée comme « l'unique prestataire de services de sécurité privée armée du gouvernement émirati » ;
  • environ 2 000 Colombiens ont voyagé vers le Soudan pour soutenir les FSR, certains recevant une formation spécialisée aux drones et aux armes antiaériennes avant leur déploiement ;
  • les points de transit identifiés : des installations militaires aux Émirats, en Libye et en Somalie.

Relisons la troisième puce. Une société dirigée par le secrétaire général de la Cour présidentielle, dont le site liste la présidence parmi ses clients et qui se décrit comme le fournisseur armé privé de l'État, a recruté des mercenaires pour une guerre africaine.

Ce n'est plus une hypothèse sur des « intérêts privés ». C'est une structure d'État.

Pièce n° 4 — Le bataillon, les hommes, et la preuve technique

Selon l'article « Desert Wolves » de l'encyclopédie Wikipédia, qui cite ses sources primaires :

Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Desert_Wolves

  • le Bataillon d'opérations « Loups du désert » (Lobos del Desierto) est une unité de mercenaires composée de militaires colombiens à la retraite, combattant aux côtés des Forces de soutien rapide ;
  • il compte quatre compagnies, entre 300 et 400 hommes ; la première compagnie est arrivée à El Fasher, au Darfour du Nord, en novembre 2024 ;
  • le bataillon a été recruté par des sociétés militaires privées, dont le Global Security Service Group aux Émirats, sous la coordination d'Álvaro Quijano, colonel retraité de l'armée colombienne ;
  • selon Sudan Events, des firmes émiraties avaient déjà déployé des ex-militaires colombiens au Yémen, en Libye et en Somalie ;
  • les mercenaires auraient été trompés : ils croyaient partir assurer la sécurité de sites pétroliers.

Sur la preuve technique, selon Daily Trust (« Foreign contractors complicit in Darfur massacres, Financial Times investigation reveals », 28 août 2026) :

Lien : https://dailytrust.com/foreign-contractors-complicit-in-darfur-massacres-financial-times-investigation-reveals/

  • le Conflict Insights Group a analysé les données de géolocalisation et a localisé des téléphones mobiles hispanophones utilisés par les contracteurs colombiens directement à l'intérieur d'El Fasher au moment où la ville tombait ;
  • ces contracteurs opéraient drones de surveillance, artillerie et systèmes antiaériens ;
  • des témoins oculaires rapportent avoir vu des hommes étrangers présents pendant que les combattants des FSR exécutaient des civils en fuite aux abords de la ville ;
  • les Émirats nient catégoriquement toute implication, mais, comme le relèvent les analystes cités, « faire fonctionner des réseaux de recrutement multinationaux et utiliser des camps d'entraînement émiratis serait impossible sans une approbation de fait de l'État ».

Pièce n° 5 — La plainte du Soudan devant le Conseil de sécurité

Financial Times, « Sudan accuses UAE of sponsoring mercenaries to fight for rebels », 9 septembre 2025.

Lien : https://www.ft.com/content/d4e3613c-dc30-42e8-b7ed-c69a470d6b81

Un an avant la rupture, le FT rapportait la plainte officielle du Soudan. Le contenu de la lettre est repris par WorldNews.bg, qui en reproduit les éléments :

Lien : https://worldnews.bg/n/sudan-accuses-uae-of-sponsoring-mercenaries-to-fight-for-rebels_506502/

  • le Soudan a déposé une plainte formelle devant le Conseil de sécurité des Nations unies, accusant Abou Dhabi de parrainer des mercenaires colombiens ;
  • des centaines d'anciens militaires colombiens ont été recrutés via deux sociétés de sécurité privées aux Émirats, selon la lettre du représentant permanent du Soudan auprès de l'ONU, datée du 5 septembre 2025 ;
  • les mercenaires ont été acheminés vers le Soudan en passant par Bosaso, dans le Puntland somalien — où Abou Dhabi dispose d'une base militaire — et par l'est de la Libye, où les Émirats ont soutenu le maréchal Haftar ;
  • les autorités soudanaises déclarent avoir réuni « des preuves substantielles » d'une « action systématique des Émirats visant à saper la paix, la sécurité et la souveraineté du Soudan par le financement de personnels et le déploiement de mercenaires combattant aux côtés des FSR ».

Pièce n° 6 — L'enquête sur les atrocités

Financial Times, « Sudan civil war atrocities cast spotlight on UAE », 3 novembre 2025.

Lien : https://www.ft.com/content/e88e0973-3218-4ce6-a73e-20961c71c33b

Accès abonnés. Le texte est également consultable via un miroir autorisé publié par le Savannah Herald :

Lien : https://savannahherald.com/sudan-civil-war-atrocities-cast-spotlight-on-uae/

Autres enquêtes du Financial Times sur le même dossier, citées ici par leur titre et leur date — nous n'inventons aucune adresse :

  • « A horrific massacre in Sudan » — 6 novembre 2025 ;
  • « Sudan government's view of UAE gold heist denials » — 3 septembre 2026 ;
  • « The Abu Dhabi royal at the nexus of UAE business and national security » — 25 janvier 2021 (en accès libre) ;
  • « The foreign powers competing to win influence in Africa » — 22 août 2024.

Pièce n° 7 — Le témoignage érythréen

Le Financial Times a recueilli, dans son enquête d'août 2026, le témoignage du ministre de l'Information de l'Érythrée, Yemane Gebremeskel, cité par la Radio Algérienne :

Lien : https://news.radioalgerie.dz/fr/node/92526

« Le problème des EAU en Afrique réside dans leur ambition injustifiée de contrôler toute la région. Cela a commencé par le contrôle d'un ensemble de ports secondaires dans toute l'Afrique de l'Est, mais il semble que cela ait évolué vers une démonstration de force et une exploitation des ressources. »

Pièce n° 8 — L'or

Toujours selon la Radio Algérienne, citant l'enquête du Financial Times :

Lien : https://news.radioalgerie.dz/fr/node/92526

« Selon les estimations de l'agence suisse SWISSAID, environ 30 milliards de dollars d'or artisanal sont exportés chaque année d'Afrique vers Dubaï sans être déclarés. »

Et selon La Nouvelle Tribune, l'enquête du FT évoque des lingots d'or dérobés à la raffinerie publique de Khartoum, retrouvés sur le sol émirati, pour une valeur dépassant les 100 millions de dollars :

Lien : https://lanouvelletribune.info/2026/08/accuses-dambition-imperiale-les-emirats-repondent-dans-le-financial-times/

Pièce n° 9 — La réponse des Émirats : elle ne conteste aucun fait

Le 17 août 2026, les Émirats ont obtenu du Financial Times la publication d'un droit de réponse — une démarche rare. Il est signé Afra al-Hameli, directrice de la communication stratégique du ministère émirati des Affaires étrangères.

Selon Azernews (« UAE pushes back against FT report on its growing Africa footprint », 18 août 2026) :

Lien : https://www.azernews.az/region/262527.html

« To describe partnerships negotiated with sovereign African governments as evidence of 'imperial ambition' is deeply patronising. »

Traduction : « Décrire comme la preuve d'une "ambition impériale" des partenariats négociés avec des gouvernements africains souverains est profondément condescendant. »

Selon La Nouvelle Tribune, elle reproche au FT de réduire les États africains à « de simples récepteurs passifs d'influence étrangère », et ne revient ni sur le réseau de mercenaires, ni sur le trafic d'or :

Lien : https://lanouvelletribune.info/2026/08/accuses-dambition-imperiale-les-emirats-repondent-dans-le-financial-times/

Et Cameron Hudson, ancien responsable du renseignement américain spécialiste du continent africain, a résumé la faille de cet argumentaire sur le réseau social X, selon la même source : des investissements mutuellement profitables et des ambitions stratégiques de contrôle politique peuvent coexister sans se contredire.

Pièce n° 10 — Le rapport des Nations unies, trois semaines plus tard

Le 3 septembre 2026, une mission d'établissement des faits des Nations unies rendait public à Genève un rapport sur le Soudan, rapporté par Reuters (journaliste Olivia Le Poidevin) :

Lien : https://www.internazionale.it/ultime-notizie-reuters/2026/09/03/foreign-support-drones-fuel-sudan-war-and-possible-war-crimes-un-probe-says

Également repris par le Jerusalem Post :

Lien : https://www.jpost.com/international/article-907412

Ses conclusions :

  • les enquêteurs déclarent avoir des « motifs raisonnables de croire » qu'un réseau transnational impliquant des personnes et des entités situées aux Émirats arabes unis, au Tchad, en Libye et en Somalie, a fourni aux Forces de soutien rapide des armes, des équipements militaires, de la logistique, de la formation et du personnel étranger ;
  • jusqu'à 2 000 contractuels colombiens auraient participé à l'opération et à la maintenance des systèmes de drones et d'autres armes avancées des FSR ;
  • plus de 1 000 personnes ont été tuées dans des frappes de drones au cours des cinq premiers mois de 2026 ;
  • certaines de ces conduites peuvent constituer des crimes de guerre ;
  • les Émirats rejettent ces accusations — c'est leur droit, et nous le rapportons.

Pièce n° 11 — Le contexte : la rupture du 10 septembre 2026

Le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, publié le 10 septembre 2026, a été repris intégralement par L'Espoir Libéré :

Lien : https://lespoirlibere.dz/2026/09/10/lalgerie-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-les-emirats-arabes-unis/

« Face à la multiplication des agissements provocateurs ou hostiles de la part des Émirats Arabes Unis, l'Algérie a fait montre d'une grande retenue et d'un sens élevé des responsabilités. […] En dépit de ces nombreuses mises en garde, les Emirats Arabes Unis ont persisté dans leurs agissements qui ont malheureusement atteint les limites de ce qui est admissible ou tolérable dans le cadre de relations entre deux États souverains. […] En conséquence, et après avoir épuisé toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales, le Gouvernement algérien a pris, ce jour, la décision de procéder à la rupture des relations diplomatiques avec les Emirats Arabes Unis. »

Confirmé par la Croix :

Lien : https://www.la-croix.com/international/l-algerie-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-les-emirats-arabes-unis-20260910

Par Courrier International (citant El-Watan) :

Lien : https://www.courrierinternational.com/article/diplomatie-l-algerie-annonce-la-rupture-de-ses-relations-diplomatiques-avec-les-emirats-arabes-unis_269697

Par Vanguard (dépêche AFP) :

Lien : https://www.vanguardngr.com/2026/09/algeria-cuts-diplomatic-ties-with-the-uae/

Par TSA, qui publie l'analyse de l'ancien ambassadeur algérien Amar Belani :

Lien : https://www.tsa-algerie.com/algerie-emirats-arabes-unis-les-cinq-raisons-de-la-rupture/

Et l'éditorial de le360.ma qui a motivé notre réponse — « Paranoïa au sommet », 10 septembre 2026 à 13h31 :

Lien : https://fr.le360.ma/monde/paranoia-au-sommet-apres-la-provocation-et-les-insultes-le-regime-dalger-rompt-avec-les-emirats-et_RZFWF5IRQJBUTBX64232L5VUL4/

Alors, qui était paranoïaque ?

Reposons calmement la question posée en ouverture, avec toutes les pièces sur la table.

Ce que l'Algérie a dit publiquement depuis 2024 : qu'un « micro-État » du Golfe déstabilise le Sahel, la Libye et le Soudan ; qu'il agit contre les intérêts algériens dans notre profondeur stratégique ; qu'il offre refuge et protection à ceux que la justice algérienne recherche.

Ce que d'autres ont trouvé, sans aucun lien avec l'Algérie :

  • le Financial Times a documenté, en août 2026, un réseau de mercenaires allant de la Colombie au Soudan en passant par les Émirats ;
  • une société de sécurité fondée par le secrétaire général de la Cour présidentielle émiratie, se présentant comme le bras armé privé de l'État, a recruté 2 000 Colombiens formés aux drones ;
  • des téléphones hispanophones ont été géolocalisés à l'intérieur d'El Fasher au moment de la chute de la ville ;
  • l'or de la raffinerie de Khartoum a été retrouvé aux Émirats ;
  • le gouvernement soudanais a déposé plainte devant le Conseil de sécurité des Nations unies ;
  • la mission d'établissement des faits de l'ONU a nommé les Émirats ;
  • le ministre de l'Information de l'Érythrée a parlé d'une « ambition injustifiée de contrôler toute la région » ;
  • 168 milliards de dollars investis en Afrique en neuf ans, 13 pays couverts par deux opérateurs portuaires émiratis, et 30 milliards de dollars d'or africain partant vers Dubaï sans déclaration, chaque année.

Une puissance souveraine qui observe cela, qui le dit, et qui en tire une décision diplomatique n'est pas paranoïaque. Elle est lucide, et elle est en avance.

Nous ne disons pas que l'Algérie avait raison parce qu'elle est algérienne. Nous disons que le Financial Times, le gouvernement soudanais, les enquêteurs des Nations unies et un ministre érythréen ont documenté, chacun de leur côté, ce qu'Alger annonçait à voix haute.

C'est cela, la différence entre les faits et le vocabulaire. Quand on a les faits, on publie des enquêtes. Quand on ne les a pas, on écrit « paranoïa ».