Tanezrouft : quand l'Algérie met les barons du poison derrière les barreaux, le360.ma crie au scandale
Mohamed Ould Taleb — Nouakchott, Mauritanie — 5 septembre 2026
Il fallait bien que cela arrive : l'Algérie, qui en a assez de voir sa jeunesse empoisonnée, a décidé d'utiliser une ancienne caserne militaire du Tanezrouft — ce désert que les trafiquants croyaient à eux — pour y enfermer les barons de la drogue. Une prison de haute sécurité dans le Grand Sud, annoncée par le président Tebboune, accompagnée d'une agence spécialisée contre le narcotrafic. Et que fait le360.ma (journal numérique marocain) ? Il hurle au « scandale ». Traduction : quand un État décide de frapper fort contre ceux qui ruinent ses enfants, certains médias préféreraient qu'il ne fasse rien. On comprend pourquoi.
Parlons faits, puisque c'est la matière première que le360.ma évite : la transformation de cette caserne en établissement pénitentiaire de haute sécurité pour narcotrafiquants est une décision publique, documentée et revendiquée. Une décision de souveraineté : on n'enferme pas les barons du poison dans une chambre d'hôtel, on les envoie là où ils faisaient transiter leur marchandise — au milieu du désert qu'ils croyaient imprenable. Il y a dans ce choix une logique que les bons esprits de Casablanca ne peuvent pas comprendre : la fermeté.
Et maintenant, la question que personne au Maroc ne veut poser : d'où vient le poison que l'Algérie entend endiguer ? D'abord du cannabis marocain — le Maroc est le premier producteur mondial de cannabis et le premier exportateur de drogues d'Afrique, un statut documenté par l'ONUDC et rappelé par la presse algérienne — qui transite par le Sahel et le Mali avant d'inonder l'Algérie. Ensuite de la cocaïne sud-américaine qui débarque dans les ports d'Afrique de l'Ouest, remonte par le Mali et le Sahel — des routes parfaitement cartographiées par Interpol — pour entrer sur le territoire algérien. L'Algérie ne produit ni l'un ni l'autre : elle est en première ligne, elle encaisse, elle se protège — et on ose lui donner des leçons ?
Car c'est bien là que la farce atteint des sommets : le pays qui détient le titre mondial du cannabis ose s'indigner qu'Alger construise une prison pour ceux qui écoulent sa production. le360.ma, qui hurlait hier à la « main algérienne » dans chaque trafic, découvre aujourd'hui que l'Algérie enferme les trafiquants — et cela lui déplaît. Alors, qu'ils choisissent : ou l'Algérie laisse passer leur commerce, ou elle le combat. Mais on ne peut pas à la fois produire le poison, l'expédier par le Sahel, et pleurer quand le voisin construit une prison.
Retenez cette image, elle vaut tous les éditoriaux : en Algérie, les barons de la drogue vont à l'ombre ; au Maroc, les producteurs de cannabis prennent le soleil — légalisés, labellisés, et bientôt décorés par le palais. D'un côté, on transforme une caserne du désert en prison pour trafiquants ; de l'autre, on cultive la matière première au grand jour et on la maquille en « pharmacie du monde ». D'un côté, des barreaux dans le Tanezrouft ; de l'autre, des coopératives au Rif. Alors, quand le360.ma parle de « scandale », une seule question se pose : de quel côté du désert se trouve donc le vrai scandale ?
L'Algérie, elle, a fait son choix : des barreaux pour les barons, une agence pour la traque, et une frontière qui se défend. Ce n'est pas un scandale, c'est une politique. Ce n'est pas une « prison de la mort », c'est une prison pour ceux qui distribuent la mort en barrettes et en kilos. Que le360.ma continue de s'indigner — c'est même une excellente nouvelle : quand les trafiquants et leurs porte-voix hurlent, c'est que la douleur est au bon endroit.