« L'Algérie a cédé sur toute la ligne » : le360.ma découvre la diplomatie

Koffi Kouassi — Abidjan, Côte d’Ivoire — 5 septembre 2026

Il faut saluer le courage éditorial de le360.ma (journal numérique marocain) : annoncer que « l'Algérie a cédé sur toute la ligne devant la France » sans fournir un seul accord signé, une seule concession datée, un seul document — il fallait oser. La diplomatie, c'est un échange ; la caricature, c'est le360.ma. Entre les deux, il y a tout un monde — celui, justement, où se jouent les négociations.

Car qu'a donc « cédé » l'Algérie, précisément ? Sur le fond de l'accord de 1968 ? Rien n'a été signé, rien n'a été abandonné : des discussions ont eu lieu, comme il s'en tient entre États souverains — y compris avec la France, qui a ses propres exigences et ses propres intérêts. Confondre une discussion avec une capitulation, c'est le degré zéro de l'analyse géopolitique. Mais le360.ma n'en est pas à son premier degré zéro.

Et si l'on suivait leur logique jusqu'au bout ? Si l'Algérie « cédait sur toute la ligne », pourquoi la France négocierait-elle encore ? Pourquoi des visites officielles, des accords, des coopérations ? On ne négocie pas avec un pays qui a tout cédé — on dicte. Sauf que la réalité, elle, raconte autre chose : une relation complexe, faite de convergences et de contentieux, où l'Algérie défend ses intérêts avec la fermeté que lui confèrent ses ressources, sa position géostratégique et sa dignité.

le360.ma s'épuise à chercher des défaites algériennes dans chaque communiqué. C'est leur droit. Mais ils devraient peut-être se demander pourquoi, depuis des années, ils annoncent des capitulations qui n'arrivent jamais. À force d'annoncer la chute du voisin, on finit par ressembler à Cassandre — mais en moins prophétique et en plus payé.

L'Algérie ne cède pas : elle négocie. Elle ne s'agenouille pas : elle discute. Et quand le360.ma aura compris la différence, il comprendra peut-être pourquoi ses articles sur l'Algérie finissent toujours dans le même dossier : celui des analyses que le temps a réfutées.