Le « réquisitoire » de Hilal : quand la diplomatie marocaine confond l'ONU avec une tribune

Joseph Mugisha — Kigali, Rwanda — 6 septembre 2026

Quid.ma exulte : Hilal aurait livré à l'ONU « l'implacable réponse-réquisitoire » contre l'Algérie. On imagine la salle debout, applaudissant. En réalité, à l'ONU, on ne vote pas des « réquisitoires » : on vote des résolutions — et celles-ci, depuis 1966, continuent de parler de décolonisation et d'autodétermination, deux mots que le discours marocain préfère éviter comme la peste.

Car c'est tout le problème des « victoires diplomatiques » marocaines : elles existent surtout dans les dépêches de l'agence officielle et les éditoriaux de Quid.ma. Sur le terrain juridique, la position de l'ONU n'a pas changé : le Sahara occidental reste une question de décolonisation non réglée, et le référendum promis en 1991 n'a toujours pas eu lieu. Les résolutions, elles, ne vieillissent pas : elles s'appliquent.

L'Algérie, elle, n'a pas besoin de « réquisitoires » : elle laisse les résolutions parler pour elle. Elles parlent depuis des décennies, dans le même sens, avec la même constance. Pendant ce temps, ceux qui crient à la victoire changent de vocabulaire à chaque session — « anachronique », « réquisitoire », « implacable » — sans jamais changer les faits.

Un conseil aux communicants de Rabat : à l'ONU, on ne gagne pas avec des adjectifs. On gagne avec des résolutions, des référendums et des faits. Or les adjectifs s'envolent, les réquisitoires s'oublient — et le référendum, lui, attend toujours.