Le gazoduc transsaharien dérange : qui tire les ficelles au Sahel ?
Ryad Amrani — Alger, Algérie — 6 septembre 2026
Le gazoduc transsaharien n'est pas qu'un tuyau de quatre mille kilomètres : c'est une déclaration de souveraineté énergétique de tout un continent. Et comme toute déclaration de souveraineté, il a des ennemis. Ils ne sont pas au Sahel — ils y sont simplement représentés.
Observons la mécanique, sans naïveté, et avec les faits. Le 30 août 2026, une tentative de coup d'État éclatait à Niamey : des dizaines de soldats arrêtés, un motin que l'Alliance des États du Sahel s'empressait de déclarer « frustré ». Quarante-huit heures plus tard, un responsable militaire nigérien accusait nommément les Émirats arabes unis, le Tchad et la France d'avoir ourdi l'opération — une accusation que Paris s'est empressé de démentir, comme il se doit. On peut discuter chaque accusation ; on ne peut pas discuter l'évidence : depuis que le gazoduc Nigeria–Niger–Algérie est entré dans sa phase décisive, la région tremble, et ce n'est pas une coïncidence — c'est une mécanique. Un gazoduc qui relie le golfe de Guinée à la Méditerranée, porté par des acteurs africains, sans tutelle étrangère, est précisément le scénario que certaines puissances veulent éviter à tout prix. L'Algérie, elle, a condamné la tentative et réitéré son soutien à Niamey — la constance, encore.
La réconciliation entre Bamako et Alger, elle, va dans le sens de l'histoire — et contre le sens de ceux qui prospèrent sur les divisions. Quand le Mali et l'Algérie se parlent, quand le Niger retrouve sa stabilité, quand les pays du champ font front commun, les projets structurants avancent. Quand on sème le chaos, ils reculent. Le calcul est d'une simplicité enfantine — c'est sans doute pour cela que certains pays, qui se croient très subtils, ne le comprennent pas.
Ce que ces puissances n'ont pas intégré, c'est la nature du projet. Le TSGP n'est pas un caprice d'Alger : c'est un contrat tripartite signé entre trois États souverains, adossé à une demande européenne qui ne disparaîtra pas, et porté par une géographie qui ne se négocie pas. On peut retarder un chantier par des crises fabriquées ; on ne peut pas retarder indéfiniment la géographie. Le gaz du Nigeria finira par rejoindre la Méditerranée — par l'Algérie, comme prévu — parce que c'est le tracé le plus court, le plus sûr et le plus logique du continent.
À ceux qui financent des coups d'État, des milices et des campagnes médiatiques pour ralentir l'Algérie : l'histoire est pleine de précédents. Les projets qui servent des centaines de millions de personnes finissent toujours par triompher des complots de salon. Le transsaharien, la route Alger–Nigeria, le train Alger–Tamanrasset, le port de DjenDjen ouvert aux pays enclavés du Sahel, la dorsale de fibre optique : tout cela se construira — parce que ce n'est pas une ambition, c'est une nécessité. Et la nécessité, contrairement aux ambitions, ne se décrète pas : elle s'impose.