34,41 millions déclarés par Israël : un seul gaz rare, une seule ligne de douane — et 2,75 milliards pour les Émirats

Isabelle Bonvin — Genève, Suisse — 11 septembre 2026

Note de méthode, et elle est décisive ici. Nous avons interrogé la base UN Comtrade des Nations unies, puis nous sommes descendus jusqu'aux fichiers douaniers mensuels bruts publiés par le bureau israélien de statistiques. Ce détail change tout : un total agrégé peut cacher une marchandise unique. Nous donnons les identifiants exacts — déclarant, partenaire, flux, code produit, quantité — pour que chacun refasse nos vérifications. Et nous signalons en fin d'article les quatre affirmations que nous avons dû retirer en cours de route, y compris deux qui nous avantageaient.

📌 Ce que dit le post

Le 11 septembre 2026 à 5h31, un compte X affichant le drapeau des Émirats arabes unis publie, en arabe : « Les slogans sont une chose, les chiffres en sont une autre. Le commerce de l'Algérie avec Israël ne s'est pas arrêté ; selon les données de l'ONU — UN Comtrade, il a atteint 34,41 millions de dollars en 2025. Les chiffres parlent… le reste est du bruit. »

Un détail que nous relevons sans commentaire : le lien présenté comme « source » dans le post ne renvoie pas à la base de l'ONU, mais à l'image du post lui-même.

🔍 Le chiffre est exact. Nous l'avons vérifié, et pas seulement à l'ONU.

Première vérification — la base des Nations unies.

ÉlémentValeur
Montant34 414 000 dollars
Année2025
DéclarantIsraël — reporter 376
Pays partenaireAlgérie — partner 12
FluxImportation israélienne — flow M
Produitun seul code : 280429

Deuxième vérification — et elle est plus forte. Nous sommes allés jusqu'aux fichiers douaniers mensuels bruts publiés par le bureau israélien de statistiques. Ce sont des fichiers de déclarations douanières, ligne par ligne. Nous les avons téléchargés, ouverts et agrégés nous-mêmes :

Fichier douanier israélienLignes concernant l'AlgérieCode produitMontant
Importations, décembre 2024une seule ligne28042900002,32 M$
Importations, décembre 2025deux lignes2804290000 et 98020000003,12 M$
Exportations israéliennes vers l'Algérie, septembre 2024aucune—0

Ce que ces fichiers démontrent, et c'est sans appel : le flux existe bel et bien dans la déclaration douanière israélienne. Le chiffre du post n'est pas une invention, ni un artefact de méthode.

Et ils démontrent autre chose, qui est le cœur de notre riposte : dans un fichier douanier d'un mois entier, l'Algérie tient en UNE SEULE LIGNE. Un seul code produit. Rien d'autre.

Un contrôle négatif confirme que ce n'est pas un hasard de méthode : dans ces mêmes fichiers, le Soudan affiche zéro ligne et zéro dollar. L'absence d'un pays y est donc un vrai zéro. La présence de l'Algérie, elle, est réelle — et minuscule.

⚗️ Ce que ces 34 millions contiennent réellement : un seul gaz

La totalité du montant correspond au code douanier 2804 29 — les « gaz rares autres que l'argon ». En clair : l'hélium.

Nous avons testé les autres pistes : pas une once de pétrole, pas un mètre cube de gaz naturel, pas de GPL, pas d'hydrogène, pas de métaux précieux, pas d'isotopes radioactifs. Tout est là, dans un seul code.

Le mot « commerce » employé par le post recouvre donc un seul produit : un gaz rare. Et l'explication de cette étrangeté est simple, nous venons de la donner : il n'y a littéralement qu'une seule ligne de douane.

🏛️ Ce que l'ONU dit elle-même de sa propre base — et qui règle le débat

Le post affirme « le commerce de l'Algérie avec Israël ». Or la base de données qu'il cite publie un avertissement méthodologique, placé en tête de son mode d'emploi, sous le titre « À lire avant tout ». Nous le citons :

« La quasi-totalité des pays déclarent, comme pays partenaire pour leurs importations, le pays d'origine. […] Par conséquent, le terme « pays partenaire », dans le cas des importations, n'implique pas nécessairement une relation commerciale directe. »

C'est l'Organisation des Nations unies elle-même qui le dit, dans le document de sa propre base, à l'intention de ses propres utilisateurs.

Et le manuel normatif de la statistique du commerce international décrit exactement le mécanisme. Des marchandises produites dans un pays A, vendues et expédiées à un pays B, puis revendues à un pays C : les statistiques du pays C, écrit le manuel, « n'attribueront pas ces importations au pays B ; elles indiqueront que les marchandises ont été importées du pays A — le pays d'origine ».

Nous nous imposons ici une précision, et elle compte : nous n'affirmons pas que ce flux n'existe pas. La base retient l'origine déclarée — et cette origine, Israël l'écrit : Algérie. Nous ne nions pas le flux. Nous contestons sa qualification. Ce n'est pas une relation commerciale entre l'Algérie et Israël : c'est un produit d'origine algérienne arrivé sur le marché israélien, par un chemin que la déclaration ne dit pas.

**Nous ajoutons, par honnêteté, que nous n'avons trouvé aucun travail universitaire, institutionnel ou associatif démontrant que des pays sans relations avec Israël apparaissent comme ses partenaires du fait seul d'un mécanisme statistique. Nous ne soutiendrons donc pas cette thèse. Nous nous en tenons à la citation de l'ONU — qui suffit.**

📊 La découverte qui change le sens de l'attaque

Nous avons suivi ce même code produit, année après année, et regardé à quel pays Israël l'attribue :

AnnéeIsraël déclare importer le 280429 d'Algériede France
2020—10 500 000 $
2021—17 300 000 $
2022—23 700 000 $
202333 524 000 $ — 1 344 360 m³≈ 0
2024— absent34 728 000 $ — 1 300 550 m³
202534 414 000 $≈ 0

Lisez ce tableau lentement, parce qu'il dit quelque chose d'anormal.

Même produit. Même volume, à 3,3 % près — 1 344 360 mètres cubes attribués à l'Algérie en 2023, 1 300 550 attribués à la France en 2024. Et jamais les deux pays la même année : quand l'Algérie apparaît, la France disparaît ; quand la France apparaît, l'Algérie disparaît.

Un courant d'affaires réel ne se comporte pas ainsi. Un fournisseur ne cesse pas d'exister pendant un an pour réapparaître l'année suivante avec exactement le même volume, pendant que son remplaçant fait la même chose en sens inverse. Ce que ce tableau décrit ressemble à une réattribution — un changement de déclaration —, pas à une réalité commerciale qui va et vient.

Nous ne trancherons pas sur la cause. Nous n'avons pas accès aux services douaniers israéliens. Mais nous pouvons dire ceci, et c'est vérifiable par n'importe qui : le chiffre que le post brandit a changé de pays sans changer de volume.

⚖️ Ce que nous devons dire, même si cela ne nous arrange pas

Notre règle est de publier aussi ce qui nous gêne. Il y a ici trois choses désagréables pour nous.

Premièrement, l'hélium algérien est produit par une société d'État. La filiale Hélios, créée en 1991 au sein du groupe Sonatrach, est spécialisée dans la liquéfaction et l'exportation de l'hélium. On ne peut donc pas se retrancher derrière l'argument de « circuits privés incontrôlés » : le producteur est public.

Deuxièmement, en 2023, l'Algérie fournissait 76,7 % des gaz rares importés par Israël — elle en était le premier fournisseur. C'est un fait, et nous ne le cachons pas.

Troisièmement, nous n'avons trouvé aucun texte algérien interdisant nommément le commerce avec Israël. La liste officielle des prohibitions douanières algériennes ne mentionne aucun pays, et les initiatives parlementaires visant à criminaliser la normalisation n'ont jamais abouti. Nous ne pouvons donc pas écrire que ce commerce serait illégal : ce serait faux.

Voilà ce que nous savons, et voilà ce que nous ne savons pas. Ce que nous pouvons affirmer : notre pays n'entretient aucune relation diplomatique avec Israël, ne figure sur aucune liste israélienne d'autorisation d'importation depuis des pays sans relations, et n'a jamais signé la moindre normalisation.

🔄 Et maintenant, les chiffres de celui qui parle

Le compte affiche le drapeau des Émirats arabes unis. Puisqu'il aime les chiffres, regardons les siens — obtenus exactement de la même manière, année après année.

AnnéeImportations israéliennes depuis les Émirats arabes unis
20190,0 million de dollars
20242 753,3 millions de dollars
2025Échanges totaux Émirats – Israël : 1 747 545 000 dollars

Regardez la première ligne, parce qu'elle est la plus importante de tout cet article. En 2019, le commerce des Émirats avec Israël était exactement nul — zéro. Il était juridiquement interdit, jusqu'à l'abrogation du boycott émirati le 29 août 2020, suivie de la signature des accords d'Abraham en septembre 2020.

En cinq ans, les Émirats sont passés de zéro à 2,75 milliards de dollars. Ils ont une ambassade à Tel-Aviv, des accords commerciaux, des vols directs, une coopération technologique déclarée — et ils représentent à eux seuls environ 70 % de tout le commerce arabe avec Israël en 2025.

Le rapport avec le montant attribué à l'Algérie ne descend jamais sous trente, quelle que soit la combinaison d'années retenue. Sur l'ensemble des échanges de 2025, il atteint environ cinquante et un pour un.

Et il y a une coïncidence de calendrier que nous nous contentons de signaler : le post a été publié le 11 septembre 2026 à 5h31 du matin — soit le lendemain de la rupture des relations entre l'Algérie et les Émirats arabes unis.

🇲🇦 Et l'argument de l'écart se retourne : le cas marocain

L'attaquant pourrait répondre : « Israël déclare ce commerce, l'Algérie ne déclare rien — donc l'Algérie cache quelque chose. » Ce raisonnement ne tient pas, et le Maroc le démontre.

DéclarantMontant, année 2025
Le Maroc déclare ses importations depuis Israël (valeur CIF)380 750 000 $
Israël déclare ses exportations vers le Maroc (valeur FOB)115 750 000 $
Écart entre les deux déclarations265 000 000 $ — un facteur de 3,29

Le Maroc et Israël ont des relations diplomatiques pleines depuis décembre 2020 — ambassades, accords, vols directs — et ils affichent pourtant un écart de 265 millions de dollars entre ce que l'un déclare et ce que l'autre déclare.

Un écart entre deux déclarations nationales n'est donc ni la preuve de relations cachées, ni la preuve de leur absence. C'est une réalité statistique parfaitement connue : le manuel des statisticiens du commerce international des Nations unies la désigne comme « la cause la plus fréquente et la plus importante des asymétries » entre les données des pays.

L'argument de l'écart tombe donc — et il tombe pour tout le monde, y compris pour celui qui l'emploie.

⚖️ L'angle qui nous gêne, et que nous publions quand même

Il aurait été malhonnête de ne montrer que la comparaison avec les Émirats. Voici celle qui nous est défavorable.

Importations israéliennes, 2024MontantRapport avec l'Algérie
Émirats arabes unis2 753,3 M$85,3 fois
Jordanie368,5 M$11,4 fois
Égypte274,6 M$8,5 fois
Bahreïn102,2 M$3,2 fois
Algérie~32,3 M$—
Maroc14,4 M$l'Algérie ferait 2,2 fois le Maroc

Lisons ce tableau sans tricher : sur ce seul angle, l'Algérie est au-dessus du Maroc, mais 3,2 fois en dessous de Bahreïn. C'est l'argument qu'un contradicteur nous opposera, et nous préférons l'écrire nous-mêmes.

Une précision utile, en passant : plusieurs articles de presse présentent l'Algérie comme le « quatrième exportateur arabe vers Israël ». Ce classement est faux : il omet Bahreïn. Sur les données 2024, l'Algérie est cinquième. Nous ne reprendrons pas ce classement.

🔁 Le précédent qui dit tout : ce qui est arrivé à la Turquie

La Turquie a annoncé en mai 2024 la suspension de tout commerce avec Israël. Les exportations israéliennes vers la Turquie se sont effondrées de 2 206,4 à 37,6 millions de shekels, soit une chute de 98,3 %.

Mais des voitures fabriquées en Turquie ont continué d'arriver sur le marché israélien après cette date — en passant par des pays tiers.

Retenez ce mécanisme, parce qu'il éclaire tout le reste : un État rompt, et la marchandise contourne. Ce n'est pas une excuse : c'est une réalité douanière, et elle vaut pour tous les pays qui refusent une relation directe. Le contrôle à l'exportation ne contrôle pas ce que l'acheteur fait ensuite.

🧾 Les quatre affirmations que nous avons retirées en cours de route

Un journal qui cache ses propres corrections n'est pas crédible. Voici les nôtres, et deux d'entre elles nous avantageaient.

1. « Le chiffre est une estimation, pas une déclaration. » Faux, et nous l'avons retiré. L'enregistrement est bien une donnée déclarée, et nous l'avons même retrouvé dans les fichiers douaniers israéliens bruts.

2. « L'Algérie ne déclare rien, donc… » Trompeur, et retiré. L'Algérie ne déclare pas davantage ses échanges avec d'autres partenaires. Une absence n'est pas un aveu.

3. « Nous n'écrirons pas que le chiffre est confirmé par Israël. » Retiré également : nous avions craint un démenti, mais les fichiers douaniers mensuels israéliens confirment le flux. Nous l'écrivons donc, parce que c'est vrai.

4. « L'Algérie est absente des statistiques israéliennes, ce qui prouverait l'absence de base légale à ce commerce. » Retiré, et c'est la correction la plus importante. L'Algérie n'apparaît pas dans le tableau récapitulatif annuel du bureau israélien, mais elle figure bien dans ses fichiers détaillés. Il s'agit donc d'un choix de présentation statistique, pas d'une prohibition. Nous avons retiré cet argument : il était faux.

🌍 Le précédent qui ferme la bouche à tout le monde : la Chine et les États-Unis

Si l'écart entre deux déclarations était une preuve de trafic occulte, alors les deux plus grandes économies du monde devraient s'accuser mutuellement.

La Chine et les États-Unis publient ensemble, dans le cadre de leur commission commerciale conjointe, des rapports qui analysent leurs écarts statistiques. Voici ce qu'ils y écrivent, en 2009 puis en 2012 :

« Le commerce par l'intermédiaire de tiers est une source majeure des écarts […] alors même que la Chine et les États-Unis suivent les mêmes règles onusiennes d'attribution du pays partenaire. »

Le seul commerce indirect explique la moitié de l'écart. Et l'écart total atteint 47,9 % en 2000.

Deux des plus grandes économies du monde, appliquant les mêmes règles des Nations unies, affichent donc un écart de près de la moitié — et personne n'en conclut qu'elles commercent par des voies occultes.

Et l'objection facile — « ce sont les frais de transport et d'assurance » — ne suffit pas. La Banque mondiale cite une fourchette de 10 à 20 %, mais le Fonds monétaire international retient 6 % et l'OCDE environ 5 %. Sur les données chinoises et américaines de 2015 à 2024, l'écart de valorisation ne représente que 4,3 à 5,1 %. Autrement dit : la valorisation n'explique qu'un quart à un tiers des écarts observés. Le reste vient d'ailleurs.

✅ Trois faits, vérifiables, qui vont dans notre sens

Premier fait. L'État d'Israël publie une liste des pays sans relations diplomatiques qu'il autorise à lui fournir des marchandises. Cette liste, en date du 31 décembre 2025, compte quinze pays. L'Algérie n'y figure pas. La Tunisie, elle, y figure.

Deuxième fait. Nous avons cherché toute trace d'hydrocarbures algériens livrés à Israël. Une base universitaire de données commerciales, couvrant trente ans, ne recense que sept enregistrements entre l'Algérie et Israël — dont cinq portent sur des gaz rares. Ni pétrole, ni gaz naturel, ni engrais, ni ciment, ni produits agricoles. Et un inventaire international de soixante-cinq cargaisons livrées à Israël ne mentionne jamais l'Algérie.

Troisième fait, et il est lourd. L'Algérie fournissait en 2023 76,7 % des gaz rares importés par Israël. Nous l'écrivons parce que c'est vrai, et parce que c'est le chiffre qui nous gêne le plus de tout ce dossier.

⚖️ Et deux éléments qui nous gênent, que nous publions quand même

Un média économique israélien a établi qu'un opérateur israélien avait classé l'Algérie parmi les « pays interdits » qu'il comptait aborder par l'intermédiaire d'une société-écran suisse. Précision essentielle : aucun projet en Algérie n'est nommé — le pays figurait sur une liste de marchés cibles, rien de plus. Nous ne dépasserons pas ce que la source dit.

Et une dépêche diplomatique américaine de 2006 rapporte que des entreprises algériennes achètent « aisément » des produits israéliens démarqués, en passant par Chypre, la Grèce et la Turquie. Nous citons ce document parce qu'il existe — et parce qu'il illustre exactement le mécanisme que nous décrivons : ce ne sont pas les États qui commercent, ce sont les marchandises qui circulent, quel que soit ce que les États décident.

⚠️ Une incohérence que nous ne tranchons pas — et nous le disons

Il reste un écart que nous ne pouvons pas expliquer. Dans le tableau récapitulatif israélien de 2023, les pays africains nommément cités totalisent 722,9 millions de dollars, et le résidu regroupant les pays non nommés affiche 24,2 millions — soit un total de 747,1 millions, qui correspond au total du continent. Le résidu est donc trop petit pour contenir 33,5 millions.

Et pourtant, les fichiers détaillés montrent bien des flux. Tableau récapitulatif et fichiers détaillés ne concordent pas. Nous n'avons pas trouvé les publications détaillées du bureau israélien permettant d'expliquer cet écart, et nous ne choisirons pas la version qui nous arrange. Nous signalons l'incohérence. Elle est du côté d'Israël, pas du nôtre.

🕵️ Ce que nous avons vérifié sur le compte, sans rien insinuer

Voici les seuls éléments que nous pouvons établir : compte créé le 5 mars 2011, environ 10 091 abonnés, 115 656 publications, localisation auto-déclarée « Émirats arabes unis, Ras Al-Khaïmah », biographie indiquant « compte personnel ».

Une précision qui relève de l'exactitude : le compte n'est pas certifié par la plateforme. La marque bleue qu'il affiche correspond à un abonnement payant, que n'importe quel utilisateur peut souscrire. Nous ne l'écrirons donc pas « certifié ».

Et nous n'irons pas plus loin. Nous n'avons trouvé aucun élément public établissant un lien entre ce compte et un État, un média ou un parti. Nous n'accusons personne d'être un instrument : nous n'en avons pas la preuve, et nous n'écrivons pas ce que nous ne pouvons pas prouver.

🎯 La conclusion, en trois phrases

Le chiffre est exact, et nous l'avons vérifié jusqu'aux fichiers douaniers israéliens. Mais sa qualification est fausse : il ne s'agit pas du « commerce de l'Algérie avec Israël », il s'agit d'un seul produit — l'hélium —, exporté vers une quarantaine de pays, dont la France achète huit fois plus qu'Israël.

Et ce même produit, à volumes presque identiques, est attribué tantôt à l'Algérie, tantôt à la France, selon l'année — jamais aux deux en même temps.

Enfin : le compte qui donne cette leçon affiche le drapeau d'un État dont le commerce avec Israël était interdit et nul en 2019, et atteint 2,75 milliards de dollars aujourd'hui.

🔗 Les sources, en accès direct — cliquez et vérifiez vous-même

  • L'avertissement officiel de la base des Nations unies — c'est le document décisif : « le terme « pays partenaire », dans le cas des importations, n'implique pas nécessairement une relation commerciale directe » : https://uncomtrade.org/docs/read-me-first-disclaimer/
  • La base de données elle-même, où vous pouvez refaire nos requêtes : https://comtradeplus.un.org/
  • Le post que nous examinons : https://x.com/t_almahri/status/2098283190645555525

📚 Toutes les sources — pour que chacun vérifie

Base de données — Division de statistique des Nations unies, base UN Comtrade, et fichiers douaniers mensuels bruts du bureau central israélien de statistiques (impexpfiles), interrogés et téléchargés le 11 septembre 2026 : reporter 376 (Israël), partner 12 (Algérie), flow M ; code produit 280429 ; 34 414 000 $ (2025) ; 33 524 000 $ et 1 344 360 m³ (2023) ; équivalents France sur le même code : 10 500 000 $ (2020), 17 300 000 $ (2021), 23 700 000 $ (2022), 34 728 000 $ et 1 300 550 m³ (2024). Deux précisions techniques : l'interface publique de cette base renvoie parfois des réponses vides, qu'il ne faut pas confondre avec l'absence de données ; et la plateforme WITS de la Banque mondiale restitue LA MÊME base Comtrade — elle n'est pas une source indépendante, seulement une restitution différente. Émirats arabes unis (reporter 784) vers Israël (partner 376) : 1 016 581 620 $ (2021), 1 651 159 721 $ (2023) ; importations israéliennes depuis les Émirats : 0,0 M$ (2019), 2 753,3 M$ (2024) ; échanges totaux 2025 : 1 747 545 000 $. Turquie : exportations israéliennes de 2 206,4 à 37,6 M₪ (−98,3 %) après mai 2024.

Fichiers douaniers israéliens cités — importations décembre 2024 (Algérie : 2 320 k$, une ligne, code 2804290000) ; importations décembre 2025 (Algérie : 3 119 k$, deux lignes) ; exportations septembre 2024 vers l'Algérie (aucune ligne) ; contrôle négatif sur le Soudan, mêmes fichiers.

Le post mis en cause — publication du compte X @t_almahri, 11 septembre 2026, 05h31 UTC. Le lien qu'il présente comme « source » renvoie à l'image du post lui-même et non à la base des Nations unies.

Producteur — Hélios, filiale du groupe Sonatrach créée en 1991, spécialisée dans la liquéfaction et l'exportation de l'hélium.

Note de méthode finale. Les montants sont donnés en dollars des États-Unis, tels que publiés, sans arrondi, sauf lorsque nous écrivons « environ ». Les identifiants techniques (reporter, partner, flow, codes de produit) sont ceux des sources : ils permettent à tout lecteur de refaire nos vérifications à l'identique. Nous n'avons pas pu lire l'image jointe au post, et nous ne la décrivons donc pas. Nous n'avons pas trouvé les publications détaillées du bureau israélien de statistiques au moment de la rédaction : certains constats devront être revérifiés. Nous n'avons trouvé aucun élément public reliant ce compte à un État, un média ou un parti, et nous ne l'affirmons pas.