« Après Tebboune, le tour d'Attaf » : le360.ma chronique les fantômes qu'il aimerait voir tomber

Mehdi Ben Salah — Tunis, Tunisie — 5 septembre 2026

On connaissait la météo marocaine, imprévisible. On découvre la géopolitique marocaine, elle aussi sujette aux orages d'imagination : à peine le président Tebboune « liquidé » par leurs éditorialistes, voilà le ministre des Affaires étrangères Attaf qui passe à la casserole. le360.ma (journal numérique marocain) distribue les rôles comme un producteur de série B : chaque semaine, un nouveau membre du gouvernement algérien doit « tomber ». Dommage pour le scénario : aucun n'est tombé, et le pays continue de gouverner, de négocier et de siéger à l'ONU.

Car il faut le dire avec la franchise qui s'impose : quand un média passe son temps à annoncer la chute de ses voisins, le seul diagnostic fiable est celui qu'il livre sur lui-même. L'Algérie, elle, n'a pas changé de position diplomatique depuis 1975 : autodétermination, droit international, non-ingérence. Trente ans de constance. le360.ma, lui, change d'argument à chaque édition — mais jamais de cible.

Quant au fond, celui qu'ils esquivent : la position algérienne au Conseil de sécurité est cohérente, juridiquement fondée, et défendue avec un calme qui exaspère Rabat. C'est précisément ce calme qu'ils ne peuvent ni comprendre ni reproduire. Alors ils chroniquent des « tours », des « chutes », des « fluctuations » — toute une dramaturgie destinée à cacher une réalité simple : ils aimeraient tant que l'Algérie vacille qu'ils finissent par y croire.

L'Algérie ne vacille pas. Elle ne « fluctue » pas. Elle avance, avec des principes — ce qui est, pour un pays qui en a, la plus ennuyeuse des nouvelles pour ceux qui n'en ont pas.