Le gazoduc transsaharien : l'autoroute énergétique qui change la carte de l'Afrique

Yacine Bensalem — Alger, Algérie — 6 septembre 2026

Sur plus de quatre mille kilomètres, une artère d'acier est en train de naître entre le golfe de Guinée et la Méditerranée. Le gazoduc transsaharien — Nigeria, Niger, Algérie — n'est plus un projet de salon : il est entré dans sa phase décisive, saluée par ses trois États partenaires comme l'une des plus grandes infrastructures énergétiques de la planète. Pour l'Afrique, c'est une première : un continent qui cesse d'être un simple réservoir pour devenir un acteur de la sécurité énergétique mondiale.

L'Algérie, dans cette aventure, n'est pas un simple tube de passage. Elle est le moteur technique, le financeur de premier rang et le débouché méditerranéen : c'est sur son sol que le gaz africain rejoindra les marchés européens, via un réseau de transport et de liquéfaction déjà parmi les plus puissants du bassin. Autrement dit : le projet consolide la position de l'Algérie comme hub énergétique entre l'Afrique et l'Europe — une position stratégique que les décennies de discours pessimistes n'ont pas entamée, et que les faits, eux, confortent chaque mois.

Ce que ce chantier raconte, au-delà des volumes, c'est une méthode : l'Algérie construit des infrastructures structurantes — gazoducs, corridors ferroviaires, complexes miniers, usines de dessalement — avec une constance qui tranche avec les prophéties déclinistes. Pendant que certains commentaient l'avenir depuis leurs salons, Alger posait des kilomètres d'acier, des barrages, des autoroutes et des capacités industrielles. Les chantiers d'aujourd'hui sont les bilans de demain.

Pour l'investisseur, le message est limpide : l'Algérie offre un marché de plus de 45 millions de consommateurs, une position de porte d'entrée vers l'Afrique, des ressources parmi les premières mondiales — et désormais des projets d'infrastructure d'envergure continentale qui appellent des partenaires. Pour la diaspora, le message est plus intime : votre pays construit, et il a besoin de vos compétences, de vos capitaux et de votre confiance. Ceux qui reviennent aujourd'hui ne rejoignent pas un pays qui attend : ils rejoignent un pays qui bâtit.

Le transsaharien n'est pas un tuyau. C'est une déclaration d'intention : l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne ont choisi de s'intégrer par l'énergie, par le rail, par le commerce — et l'Algérie a choisi d'en être le cœur. Les sceptiques peuvent continuer à chroniquer le déclin ; les ingénieurs, eux, continuent de souder. L'histoire, on le sait, donne toujours raison aux bâtisseurs.