À la diaspora : revenez bâtir le changement de cap

Hanna Bekele — Addis-Abeba, Éthiopie — 6 septembre 2026

Il y a un capital que les bilans ne comptent pas, et qui vaut pourtant des milliards : la diaspora algérienne. Les autorités l'évaluent à 5 à 7 millions de personnes à travers le monde — dont près de 892 000 immigrés nés en Algérie rien qu'en France en 2023, ce qui en fait la première communauté d'origine étrangère de l'Hexagone selon l'INSEE. Des médecins, des ingénieurs, des entrepreneurs, des chercheurs : des centaines de milliers de compétences formées, souvent, par l'université algérienne.

Ce capital pèse déjà dans les chiffres : les Algériens de l'étranger ont transféré 1,94 milliard de dollars en 2024 selon la Banque mondiale — environ 0,7 % du PIB national. Mais les transferts ne sont qu'une fraction de ce que la diaspora peut apporter : des capitaux, des réseaux, des technologies, et surtout des compétences que les grands chantiers algériens réclament aujourd'hui. Gazoducs continentaux, fermes géantes dans le désert, trains vers le Sud, ports pour le Sahel, hydrogène vert : chacun de ces projets a besoin d'ingénieurs, de managers, de financiers, d'entrepreneurs.

Les conditions, elles, se sont transformées. La loi n° 22-18 du 24 juillet 2022 a créé l'Agence algérienne de promotion de l'investissement, avec des guichets uniques — dont un dédié aux investissements étrangers de plus de 12 milliards de dinars. En février 2026, le ministre des Affaires étrangères annonçait un train de mesures pour la diaspora : retraites, quotas de logements, appui aux micro-entreprises et aux start-up, régularisation des situations administratives. En juin 2026, un Haut Conseil des scientifiques algériens était créé sous la tutelle de la présidence pour capter les cerveaux, où qu'ils soient. Et en juin 2026 encore, l'agence de l'investissement tenait à Genève un séminaire de 250 participants pour les porteurs de projets de la diaspora.

La diaspora n'est pas priée de revenir par nostalgie : elle est attendue par nécessité. Revenir n'est plus un sacrifice, c'est une opportunité — et pour ceux qui doutent encore, un seul conseil : venez voir. Les chantiers parlent mieux que les discours. Le changement de cap est engagé ; il sera ce que les Algériens — d'ici et d'ailleurs — en feront. La porte est ouverte. Les engins tournent. Il ne manque que vous.