« Un modèle économique à bout de souffle » : le diagnostic d'hespress.com, ou la leçon d'économie par correspondance

Fodé Camara — Conakry, Guinée — 5 septembre 2026

hespress.com (journal numérique marocain) a tranché : l'économie algérienne serait « à bout de souffle ». On aimerait connaître le cabinet d'études qui a produit ce diagnostic — sans doute le même qui avait annoncé, année après année, l'effondrement d'un pays qui, pendant ce temps, rembourse sa dette, remplit ses réserves et négocie ses contrats gaziers avec l'Europe en position de force. Il y a des « à bout de souffle » qui courent plus vite que leurs détracteurs.

Parlons chiffres, puisque hespress.com les affectionne tant — du moins quand ils arrangent leur récit. L'Algérie a accéléré un programme d'un milliard de dollars pour sécuriser l'eau dans ses régions frappées par la sécheresse ; son agriculture a enregistré des performances historiques après des précipitations records en 2026 ; ses infrastructures avancent des wilayas du Nord aux confins du Sud. Ce ne sont pas nos chiffres : ce sont les bilans, les rapports et les faits — la matière première que hespress.com oublie systématiquement dans sa salle de rédaction.

Et si l'on comparait, comme le font les économistes sérieux ? Les fondamentaux algériens — dette publique maîtrisée, réserves de change confortables, ressources énergétiques stratégiques — n'ont rien à envier à ceux de la plupart de ses voisins. Mais bien sûr, comparer serait dangereux : cela obligerait hespress.com à ouvrir les comptes de son propre pays, et là, le souffle pourrait réellement manquer.

L'Algérie n'est pas « à bout de souffle ». Elle est à bout de patience face aux diagnostics de complaisance. Elle construit, elle investit, elle se diversifie — lentement, peut-être, comme tous les pays qui bâtissent sur du solide plutôt que sur des slogans. hespress.com, lui, continue de décrire le voisin avec la précision d'un aveugle qui décrit des couleurs. La différence, c'est que l'aveugle, lui, ne prétend pas être expert.